Faire de l’apprentissage un véritable levier vers l’accès à l’emploi

Ce jeudi 21 janvier, Yann Wehrling, Président du groupe du Centre et des Démocrates, a interpellé Valérie Pécresse, Présidente du Conseil régional, sur la politique régionale en faveur de la formation et de l’apprentissage.

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Madame la Présidente,

Le Président de la République, après l’avoir fait durant ses vœux de début d’année, a renouvelé l’exercice de propositions pour relancer l’activité économique et tenter de faire redémarrer l’emploi. Il n’aura pas réellement convaincu… Le pourrait-il à vrai dire après tant d’années d’échec sur le front de l’emploi ? Faute de majorité et de volonté politique, les règlementations restent lourdes et tatillonnes, et les incertitudes fiscales et juridiques pèsent toujours sur la capacité des entreprises à pouvoir se projeter et donc embaucher.

Quant au sujet de la formation professionnelle et de l’apprentissage, mis en avant par le Président de la République comme un maillon clé de réussite pour l’emploi – à juste titre – force est de constater là encore, que tout reste à faire. La formation professionnelle et l’apprentissage constituent, en réalité, un maillon faible de notre économie car il est devenu inopérant et quand un maillon est grippé, c’est toute la chaine qui est grippée. Au regard des sommes considérables que les pouvoirs publics, et notamment la Région, y engagent, il est évidemment proprement inacceptable de continuer ainsi.

Point principal : l’adéquation de l’offre aux besoins de l’économie. Dans le domaine du bâtiment, les gisements formidables offerts par la rénovation énergétique nécessitent des nouvelles compétences dans tous les corps de métier. Tout le monde veut la rénovation énergétique, mais la formation et l’apprentissage ne sont pas au rendez-vous. Autre exemple : le simple apprentissage du français pour de nombreux demandeurs d’emploi. Cette formation de base est presqu’absente des dispositifs proposés aux demandeurs d’emploi. Comment voulez-vous vous former si vous ne pouvez pas lire ou écrire le français ? Et pourtant, c’est une réalité, beaucoup de formations ne sont pas accessibles aux demandeurs d’emplois qui maitrisent mal le français.

Ce sont aussi les lourdeurs administratives qu’il faudra effacer pour des entreprises dont le cœur de métier est d’entreprendre et non de s’adapter à des pouvoirs publics étanches à leurs priorités. Nous l’avons tous trop entendu : des entreprises qui consacrent près de 30% de leur temps à répondre à des tracasseries administratives, c’est 30% de temps qui n’est pas dédié à l’activité économique.

Face à cela, nous aurons besoin d’une volonté de fer pour déplacer cette montagne.

Madame la Présidente, notre groupe a fait de cet enjeu, avec celui de la pollution de l’air, l’une de ses deux priorités durant cette mandature. Soyez assurée que, dès aujourd’hui, nous allons nous y investir fortement pour identifier avec vous les blocages, imaginer des pratiques et mesures nouvelles, inspirées par exemple de ce qui se fait de mieux dans d’autres pays, définir finement quels sont les leviers législatifs qu’il s’agira d’actionner pour faire de ces outils que sont la formation professionnelle et l’apprentissage un véritable levier vers l’accès à l’emploi dans un relationnel nouveau envers les entreprises.

En somme, Madame la Présidente, alors que l’Etat semble vouloir avancer sur ce sujet, quels sont les premiers leviers que vous comptez actionner pour faire de la formation professionnelle et de l’apprentissage la clé de réussite de notre engagement en faveur de l’accès à l’emploi ?

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