Pour la mixité sociale, rééquilibrons l’offre de logement social

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Madame la Présidente, Monsieur Le Vice-Président, chers collègues,

Fidèles à nos engagements de campagne, nous délibérons aujourd’hui sur l’action régionale en faveur du logement et proposons un rééquilibrage afin de favoriser la mixité sociale en Île-de-France.

A l’heure où nous parlons, plus de 640 000 demandes de logements sont en cours en Ile-de-France et certaines d’entre elles devront patienter 31 mois avant d’être pourvues.

La question du logement social est donc cruciale et nous entendons nous en saisir sans attendre.

Il ne s’agit pas d’une question de gauche ou de droite, mais d’un impératif d’action publique : tous, nous devons nous en saisir sans idéologie et avec mesure et pragmatisme. C’est aussi, être conscient que ces problématiques de logements ne doivent plus être des problèmes récurrents, et qu’il est essentiel d’y apporter des solutions différentes qui donneront une nouvelle dynamique à certains quartiers délaissés dans notre région.

Nous le savons, et il y a sur ce point un large consensus, nous avons commis, dans les années 1960, des erreurs en matière d’urbanisme. Il fallait répondre dans l’urgence à une forte pression démographique dans les zones périurbaines et l’empressement a conduit à négliger une vision de développement à long terme de ces nouveaux quartiers. Sont nées à cette époque des cités où, au fil des années, se sont concentrées des difficultés sociales et économiques importantes, dans un environnement urbain qui n’a cessé de se dégrader.

Insécurité,

Précarité,

Absence de perspectives,

C’est ce vers quoi a mené la politique des grands ensembles. Il est temps de mettre fin à cette logique de concentration. D’ailleurs, au sein des villes, c’est souvent dans des quartiers restreints que se concentrent les « blocs » de logements PLAI, des zones où n’existent que très peu de mixité sociale, des zones dont ont fui ceux qui en avaient les moyens.

Aujourd’hui, l’écart de conditions de vie entre les quartiers, la ségrégation sociale qui s’est instaurée au sein même de nos villes n’est pas acceptable.

Forts de ce constat, nous devons agir pour promouvoir une plus grande mixité sociale. Et cela passe par une double action :

  • la construction d’une offre de logements sociaux plus large, incluant des logements intermédiaires,
  • et l’arrêt de la construction de logements très sociaux dans les zones qui en concentrent déjà l’essentiel.

Bref, agissons dans la mesure !

Pour ce qui est du dispositif en tant que tel, nous ne pouvons que nous réjouir de ses propositions qui viennent répondre à 3 objectifs : favoriser la mixité sociale au sein des quartiers ; éviter la concentration de la pauvreté au sein des mêmes quartiers et répondre à la demande de logement des classes moyennes et des populations non éligibles au logement social dit « classique ».

Ce dispositif tend également à faire respecter la loi SRU dans les deux sens : en aidant les communes carencées à bâtir davantage et en arrêtant de soutenir la construction de logements sociaux dans les communes dont le taux de logement social excède 30% pour ne pas risquer de porter atteinte à l’équilibre du territoire (social, sociologique et  économique).

Nous sommes conscients de la difficulté pour certaines communes de la petite couronne d’atteindre les objectifs fixés par la loi SRU quand elles disposent d’une superficie restreinte et donc une forte densité urbaine, accompagnée d’un prix du foncier élevé, nous devons les soutenir pour leur permettre d’atteindre ces objectifs ; tout comme, nous ne devons pas minorer le travail des maires bâtisseurs qui ont pendant plusieurs années œuvré pour permettre d’assurer une offre de logements sociaux répondant aux besoins de leur population.

Nous devons, en parallèle, soutenir la réhabilitation des logements sociaux afin de garantir à chaque bénéficiaire un logement digne, dans un cadre de vie agréable.

Enfin, nous réaffirmons notre soutien aux maires bâtisseurs qui souhaitent développer une offre de logements sociaux raisonnée, en particulier par la construction de PLAI dans les villes carencées.

Comme vous le voyez, il ne s’agit nullement de freiner l’aide sociale mais, bel et bien de l’équilibrer sur le territoire régional, en la rendant plus mixte.

Il faut donc développer un urbanisme social réfléchi, permettant de privilégier la mixité sociale et d’enrayer le déséquilibre territorial autour du logement social.

Cette démarche s’inscrit dans notre volonté d’offrir aux Franciliens une meilleure qualité de vie et une solution de logement répondant à leurs attentes.

Je vous remercie.

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