Orientations budgétaires pour 2016

Merci Madame la Présidente.
Monsieur le Vice Président, Mesdames et Messieurs les conseillers, chers collègues.

Nous voici à l’ouverture du débat d’orientation budgétaire de la nouvelle majorité après 17 ans de mandature socialiste.

Vous venez, Monsieur le Vice Président, de dresser le bilan et l’héritage de choix du passé qui laisse au nouvel exécutif le goût amère d’un passif à solder.

Madame la Présidente, vous avez souligné dans votre rapport le contexte macro-économique qui pèse sur la France et sur la 1re de ses régions.
Vous nous dîtes que sur 28 pays membres de l’Union européenne, seuls 4, dont la France voient le chômage progresser ;
Une absence de reprise dans notre pays qui plombe naturellement le retour à l’emploi dans notre région.

Notons que la croissance française n’a pas dépassé 0,2% au dernier trimestre 2015 et retenons que les prévisions de croissance pour 2016 ont été abaissées par le FMI et l’OCDE ne dépassant pas, selon les meilleurs augures 1,3%.

Ajoutons les baisses de dotation globale de fonctionnement (DGF)
Nous aurions pu être pénalisés également par la mesure passe navigo non financée mais grâce à la négociation que vous avez engagée Mme la Présidente, nous éviterons ce poids ainsi que la diminution des crédits de la formation professionnelle et de l’apprentissage, comme on avait pu l’entendre.

Voilà suffisamment de quoi planter le décor du contexte macroéconomique qui ne trouve pas d’essor depuis 2012.

Dans cette situation quelle est notre héritage et que proposer aux franciliens ?

Tout d’abord les franciliens doivent savoir. La transparence est une condition de la confiance et nos engagements de campagne à leur endroit ont toujours été clairs. Les franciliens doivent connaître leur héritage et faire valoir leur droit d’inventaire.

Savoir que les recettes retenues par les comptes administratifs ont augmenté de 391M€ sur 5 ans soit un taux de croissance annuel de 2% Presque 2 fois le taux de croissance du PIB depuis 2012….

Savoir que 70% de cette augmentation de recettes ont été absorbés par la hausse des dépenses de fonctionnement .

Pour comprendre il suffit de regarder l’évolution des dépenses de personnel entre 2010-2015 : 59M€ sur la période soit 3% par an…alors qu’aucun transfert de compétence n’est venu justifier une telle augmentation depuis 2010 ;

Dès lors, il n’est pas étonnant que les dépenses liées à des compétences régionales n’aient pas pu être reconduites :
– diminution en matière d’apprentissage (-13M€),
– diminution de la part non obligatoire de formation professionnelle, apprentissage, emploi (-36M€)
– diminution pour le développement économique, la recherche et l’enseignement supérieur (-2M€).

Les Franciliens le savent-ils ?
Ces choix ont des conséquences et elles sont simples : faiblesse des investissements et hausse de l’endettement réduisant de moitié le taux d’épargne nette.

L’endettement justement: C’est un fait établi que la mandature précédente a fortement accru le niveau d’endettement de la région de 3,1 Md€ en 2009 à 5,3 Md€ en 2014.
On pourrait penser que ce sont les transferts partiellement compensés qui ont conduit à cette dérive. Il n’en est rien puisque l’Ile-de-France frôle les 150% de taux d’endettement alors que les autres Régions tournent autour de 100%.

– Cette dette aurait pu servir à préparer l’avenir mais ce n’est pas le cas puisqu’elle a servi à financer le fonctionnement courant de la région.

C’est donc un choix: celui de sacrifier l’avenir.

Or, le premier devoir d’une collectivité quelle qu’elle soit est d’assurer une gestion saine des deniers publics et regarder devant elle.
Vous connaissez la position du MoDem sur la question de la dette et les rigueurs drastiques qu’elle impose. Nous n’y dérogerons pas et vous soutiendrons dans toutes les décisions qui contribueront à sa diminution.

Mais il y a pire.
Madame la présidente, vous pointez dans votre rapport la présentation de budgets en trompe-l’oeil laissant planer l’ombre de la manipulation par la technique du gel massif d’autorisations de programme votées. Madame la présidente, je me réjouis pour les franciliens du retour à la transparence et à la sincérité.

Oui, le bilan est lourd et les contraintes sont réelles.
Diminutions annoncées des recettes de fonctionnement pour 2016 et des recettes d’investissement connaissant le même sort.

C’est donc par une gestion sobre, rigoureuse et avec de l’imagination que nous pourrons mettre en œuvre notre stratégie : investir pour permettre à la Région Ile-de-France de retrouver une dimension internationale de premier plan.

Car économies ne signifie pas pour autant repli.
Cette nouvelle gestion se combinera au contraire avec une politique d’investissements dans l’avenir particulièrement volontariste.

Et cela passe par des transports efficaces et innovants sans dégradation du bilan environnemental.

Il faudra également investir dans une éducation du XXIè siècle avec la numérisation des Lycées et assurer le soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche par des dispositifs de bourses de doctorat.

Mais une région de dimension internationale c’est une région dynamique au plan économique.

C’est une région qui se bat.
Qui se bat contre le chômage en orientant les ressources vers la formation professionnelle, de l’apprentissage.

On compte en île de France 678 470 demandeurs d’emploi de catégorie A, et près de 968000 personnes cat A B et C confondues, touchant à la hausse en ce début d’année 2016 les moins de 25 ans et les plus de 50 ans.

La lutte contre le chômage est une urgence et c’est Madame la présidente notre priorité.
Une urgence pour laquelle il faudra actionner tous les leviers et mettre tout en œuvre en faveur d’un modèle de développement économique dynamique.

Une région de dimension internationale c’est surtout une région bien construite, sachant penser son urbanisation en harmonie avec sa ruralité. L’espace agricole appartient au patrimoine de notre Région et nous savons la situation de l’agriculture. Organiser le développement de filières de proximité c’est offrir aux franciliens l’accès à d’autres valeurs alimentaires.

J’ai parlé de l’urbanisation et il faudra que la question du logement s’insère au plus haut niveau des priorités d’action. L’accès à la propriété est un rêve inaccessible pour bon nombre de franciliens sans compter les situations de logement inadapté aux configurations familiales.

Enfin, une région de dimension internationale c’est une région capable d’apporter la sécurité à ses visiteurs comme à ses habitants, c’est une région qui permet l’accès à la culture par les spectacles, par des expressions artistiques variées, par le soutien à la vie associative et la pratique sportive.

Pour conclure Madame la présidente, mes chers collègues, nous le voyons bien chaque euro comptera. Et de ce point de vue nous regarderons aussi du côté de l’Europe dont les fonds structurels nous assurent d’un demi milliard d’euros en gestion directe pour la période 2014-2020.

Voilà, les contraintes sont listées et nombreuses ; elles ne doivent pas paralyser l’action.
Elle doivent au contraire inciter la région à réexaminer le bien-fondé de ses dépenses, à les redéployer vers des politiques utiles à la population et à la croissance économique.
Et finalement, la contrainte financière doit agir comme un levier pour réformer le fonctionnement de la région.

Merci.

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