Comité régional du tourisme : pour une stratégie de relance

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Madame la Présidente,

Monsieur le Vice-Président,

Chers Collègues,

Le tourisme est une industrie d’avenir pour la France. Dans un monde globalisé, dans lequel le tourisme est en croissance forte et continue, notre pays doit saisir cette chance stratégique.

Maintenir notre part de marché mondiale à horizon 2030 signifie être prêt à accueillir près de 140 millions de visiteurs. 140 millions de visiteurs qui représentent autant de sources de devises et de création d’emplois non délocalisables pour un pays qui cherche à reprendre sa compétitivité en main. La France a historiquement détenu un avantage compétitif dans ce secteur grâce à ses atouts naturels, sa position géographique, la variété de ses paysages, la richesse de son patrimoine, l’attrait de son art de vivre. Elle va cependant perdre cette position de leader naturel si l’on n’agit pas dès aujourd’hui : de nombreux pays poursuivent des stratégies touristiques ambitieuses voire agressives. Les États-Unis en font une cause nationale et visent la place de leader en 2020. L’Espagne reste un challenger crédible. Des villes comme Londres, New York ou Dubaï sont plus dynamiques et attractives que jamais. L’industrie du tourisme est menacée par des tendances lourdes : la digitalisation qui évapore une partie de la valeur vers des acteurs américains, le manque d’investissements dans nos infrastructures et notre capital humain, le défaut d’entretien de notre image de marque. Elle souffre aussi de certains maux français : coût du travail trop élevé, émiettement des moyens de promotion dans l’empilement administratif touristique, complexité des normes, insécurité et terrorisme dans les villes.2 – Mais le tableau n’est pas si beau que ça

Le tourisme est fragile et rien n’est jamais acquis. Les attentats ont fait baisser la fréquentation de manière brutale.

Beaucoup de visiteurs, mais un tableau en trompe l’œil : moins de recettes par touristes, un effet Disneyland/Tour Eiffel qui ne bénéficie pas à l’ensemble du territoire.

Certes, une hausse constante du nombre de visiteurs, mais à comparer avec les autres métropoles mondiales : nous perdons des parts de marché. C’est bien entendu normal dans la mesure où les pays émergents se développent rapidement. Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers.

L’Ile-de-France ne se résume pas à la Tour Eiffel ! Si elle est une vitrine, nous devons permettre aux territoires de profiter de l’activité touristique.

C’est dû en partie à la complexité de la gouvernance en Ile-de-France

Ce qui est valable pour la France dans sa globalité l’est tout particulièrement pour Paris et sa région notamment en ce qui concerne l’émiettement des moyens de promotion dans l’empilement des acteurs publics ou privés qui interviennent de manière désordonnée dans l’action touristique en Ile de France.

En effet comme le stipule la Chambre Régionale des Comptes, nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre avant d’enclencher d’urgence la coordination des moyens de promotion de notre territoire. Il faut notamment arrêter la guerre ouverte que se livrent le CRT et l’Office la Ville de Paris. C’est improductif et dommageable pour le tourisme à Paris et en Ile de France.

La volonté affichée de rapprochement n’a été qu’une posture, sinon le rapprochement se serait fait.

Prenons exemple sur notre Présidente, Valérie Pécresse et la Maire de Paris, Anne Hidalgo, qui ont su allier leurs forces, pour aller plaider ensemble la cause de notre belle Région au Japon.

Il faut une véritable stratégie régionale, déclinée selon les spécificités locales

Au-delà de la nécessaire synergie que nous devons mettre en place entre ces deux organismes, il serait souhaitable que le CRT soit l’organisme coordinateur de toutes les actions touristiques à Paris et en Ile de France. En effet, c’est au niveau régional que nous devons développer une vision stratégique.

Si nous arrivons à faire cela, nous gagnerons en visibilité et en attractivité.

Créer une telle synergie c’est également mutualiser les moyens mis au service du tourisme régional, et donc réduire les coûts de fonctionnement (notamment l’explosion de la masse salariale) alors que dans le même temps la baisse du financement régional amorcée depuis 2014 va se poursuivre

Poser la question de l’efficacité de la dépense publique en la matière

Quelle efficacité de la dépense publique donc ? Il faut comparer aux autres métropoles. Il serait intéressant de connaître le nombre d’euros dépensés par euro généré. En effet, le rapport de la CRC compare Paris au reste de la France, ce qui est évidemment peu pertinent, si ce n’est pour noter que l’Ile-de-France est le moteur du tourisme national.

Enfin, il est plus que temps, à l’heure de la révolution numérique, que nous nous dotions de tous outils existants pour analyser nos coûts de fonctionnement réels, mais également mesurer l’efficacité de nos actions marketing. Nous ne pouvons pas continuer à recevoir des subventions sans jamais rendre compte de la manière la plus fidèle qui soit des objectifs que nous avons conclus avec la Région.

Bref, et vous l’aurez tous compris, nous avons une large marge de manœuvre pour nous améliorer et relever le défi d’accueillir près de 140 millions de touristes en France à l’horizon 2030 dont la plus grande majorité passera par l’Ile de France.

 

 

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