[Budget 2016] Ayons de l’ambition pour l’innovation en Île-de-France !

http://www.dailymotion.com/video/x449rln

 

Philippine Laniesse a défendu les dispositifs soutenant l’innovation en Île-de-France. Souvent portés par les PME, les projets innovants pourront désormais trouver un financement adapté à leurs besoins grâce à la complémentarité des dispositifs régionaux. De plus, l’élue parisienne s’est félicitée des encouragements en faveur de l’économie sociale et solidaire, et de l’économie numérique qui constituent de véritables opportunités d’emploi et d’innovation. 

Ce budget est déterminant pour l’avenir de la région Île-de-France. Pendant toute la campagne, au travers du projet que nous défendions, vous avez, Madame la présidente, fait montre d’une grande ambition en matière de développement économique.

Et pour cause. Les enjeux sont nombreux et centraux. Citons l’attractivité. Et l’emploi, bien sûr, notre priorité. La baisse du chômage en Île-de-France dépend, entre autres, de la capacité des Franciliens à entreprendre, des entreprises à se développer, de nos filières à se renforcer. Et puis, investir dans le développement économique, c’est aussi prévoir l’avenir, anticiper, prévenir, inventer… A travers le développement des usages numériques et l’aide à innovation, notamment.

Si l’on met tout cela en perspective avec les innombrables atouts de la région (dynamisme démographique, tissu entrepreneurial ou qualité des universités, par exemple), il y a de quoi être optimiste.

Pourtant, malgré cela, les résultats actuels ne sont pas satisfaisants. En matière de chômage, en particulier, le CESER l’écrit, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté plus vite en Île-de-France que dans le reste de la France en 2015. D’ailleurs, si une étude de PRE a relevé récemment une bonne position de la région en matière d’investissements venus de l’étranger (bien qu’avec une tendance en baisse en 2015), elle a aussi relevé la difficulté à traduire cette situation par des créations d’emplois.

Face à ces constats, le nouvel exécutif régional nous présente un budget offensif pour renforcer l’attractivité économique et l’emploi en Île-de-France, un budget dont les investissements augmentent, se traduisant notamment par un important effort envers les TPE et les PME.

J’en veux pour preuve, d’ailleurs, la forte hausse du budget consacré à PM’up. Et, au-delà de l’aspect financier, la volonté de simplifier, de clarifier et de recentrer ce dispositif, en supprimant les secteurs exclus d’office et en mettant l’accent sur la transition écologique et numérique.

De façon plus générale, s’agissant du soutien important aux TPE et les PME, je note que le soutien à la création et au développement des entreprises augmente de près de 40 % par rapport à l’exécuté 2015, et je m’en réjouis.

L’enjeu n’est pas mince. Ces dernières années, c’est essentiellement l’insuffisance de l’investissement des entreprises françaises – PME en première ligne – qui a limité à la fois leur potentiel de croissance et leur compétitivité. C’est pourquoi il est déterminant d’apporter aux besoins de financement de ces entreprises des réponses adaptées.

C’est ce qui est proposé ici avec l’ensemble des dispositifs présentés dont chacun a son utilité puisque s’adressant à des besoins différents. Dans un contexte de forte dépendance au financement bancaire, je pense, en particulier aux fonds de garantie, mais aussi aux fonds de prêts d’honneur, sur lesquels comptent beaucoup les entreprises innovantes.

Mais si chacun de ces dispositifs a son utilité c’est, aussi, du point de vue de la nature des entreprises. Selon leur chiffre d’affaires, leur nombre de salariés et leur stade de développement, elles n’ont bien sûr pas les même besoins. Aussi est-il important que TPE et start-up ne soient pas oubliées au seul profit des PME, ou même ne se voient pas associés à des dispositifs non adaptés à leurs spécificités.

La répartition des crédits telle que vous la proposez dans la présentation détaillée par action est très équilibrée de ce point de vue là, nous nous en réjouissons et veillerons donc à ce que nous restions sur cette ligne.

Je voudrais dire quelques mots, aussi, sur l’économie sociale et solidaire. Je sais que l’opposition a émis des critiques sur ce sujet mais je voudrais dire que par rapport à l’exécuté 2015, on note certes une diminution de 10 % du budget de fonctionnement mais aussi parallèlement une augmentation de 15 % en matière d’investissement. Or, les économies de fonctionnement ne sont pas nécessairement le signe d’une moindre ambition, d’autant moins quand elles sont plus que compensées par les investissements.

Je veux dire, en ce qui nous concerne, toute l’importance que nous accordons à ce secteur. Et c’est d’ailleurs parce que je considère qu’elle a un rôle essentiel à jouer au sein de notre société que je ne pense pas que c’est donner toute sa place à l’économie sociale et solidaire que d’insister avant tout sur sa vocation à compenser, d’une certaine façon, un Etat providence en crise, notamment au travers d’emplois aidés. L’ambition que nous devons avoir pour l’économie sociale et solidaire, à mon sens, doit être avant tout de lui donner la capacité d’être en mesure d’apporter des réponses innovantes à des problèmes sociaux.

Enfin, ce budget dit aussi très bien à quel point la région est tournée vers l’avenir. A travers le soutien aux pôles de compétitivité, l’augmentation des investissements pour le soutien à l’innovation technologique, en particulier, dont la dotation globale augmente d’un million d’euros en autorisations de programme.

Sur le numérique, j’ai eu l’occasion de m’inquiéter de la baisse du soutien à la diffusion des usages, des contenus et des services numériques dont dépendent notamment les projets de valorisation des données massives. J’ai toutefois pu constater dans l’annexe consacrée au budget de l’Europe que 4,2M€ de fonds européens seraient consacrés à la diversification et à l’amélioration des technologies de l’information et de la communication et que ces crédits seraient consacrés, entre autres, à la diffusion d’outils, de services et de contenus numériques et à des projets d’innovation numérique en faveur de l’éducation et de la santé.

Ce n’est pas forcément le moment de commenter la gestion des fonds européens, mes collègues s’en chargeront quand ce sera l’objet de nos discussions, mais dans le cadre de nos ambitions en matière de développement économique, je me félicite que nous nous donnions les moyens de l’objectif que vous aviez formulé pendant la campagne de faire de l’Île-de-France une véritable « smart région ».

C’est un objectif essentiel du point de vue de la compétition entre les grandes métropoles mondiales mais c’est aussi et surtout un enjeu d’efficacité de l’action publique. En effet, le terme « investissement » prend tout son sens s’agissant de ces usages dans la mesure où l’utilisation du numérique, notamment via l’open data et le big data, améliore considérablement l’efficience du service public dans bien des domaines, permet, à terme, de réaliser des économies et offre une meilleure transparence de la décision publique.

De toutes les façons, la révolution numérique dans les administrations et dans les entreprises est le sens de l’histoire, tout l’intérêt est de l’anticiper, de l’accompagner, de la modeler aussi selon nos propres orientations, en tout cas de ne pas se contenter de la subir.

En conclusion, Madame la présidente, nous partageons vos ambitions pour l’Île-de-France en matière d’emploi et d’attractivité économique et nous voterons bien sûr en faveur de ce budget.

Partager sur
  • Partager via Facebook
  • Partager via Google
  • Partager via Twitter
  • Partager via Email