[Budget 2016] Intervention générale et introductive de Yann Wehrling

Yann Wherling : « Nous saluons le respect des engagements pris et nous porterons une attention toute particulière au développement durable et à la justice sociale »

Retrouvez le propos introductif de Yann Wehrling avant l’examen du Budget 2016.

http://www.dailymotion.com/video/x43wnty

 

Madame la Présidente,

Nous engageons aujourd’hui notre premier exercice budgétaire de cette nouvelle majorité élue en décembre dernier.

Deux axes majeurs guident ce budget : la maitrise de la dépense publique et le respect des engagements que nous avons pris devant les franciliens.

Vous vous en doutez, pour notre formation tout particulièrement, qui en a fait un de ses priorités au cours des dernières années, la maitrise de la dépense publique était un point auquel nous tenions tout particulièrement. Et ce pour pour une raison simple : c’est que cet argent dont nous disposons , ce n’est pas notre argent, c’est celui que les contribuables nous ont confié. Le consentement à l’impot est devenu ces dernières années plus ténu, plus complexe à faire accepter. Il l’est parce que la pression est forte, trop forte. Il l’est parce que l’usage que la puissance publique en fait est regardée avec acuité car il est assez compréhensible que chaque français nous demande comment il est possible que près de la moitié de la richesse produite dans le pays soit absorbée par la puissance publique. Et quand on sait que cette ponction pourtant considérable ne suffit pas à satisfaire les besoins de cette puissance publique, qu’elle a recours à un emprunt sans fin et toujours plus important, … arrivant même à devoir emprunter pour rembourser sa dette, … alors, oui, là, il est assez compréhensible qu’on demande à cette même puissance publique de redevenir raisonnable dans sa dépense publique.

Certaines forces politiques, présentes d’ailleurs dans cette enceinte, défendent l’idée qu’il n’est nul besoin de maitriser la dépense publique. Heureusement, au-delà même des traditionnels clivages politiques,  je crois que face à l’évidence du caractère intenable des niveaux atteints au cours des dernières décennies, il fait de plus en plus consensus qu’un changement d’attitude face à la dépense publique s’impose. Notre majorité a fait ce choix, et c’est bien le moins que nous devons aux franciliens.

Alors bien sûr, baisser les dépenses est un exercice toujours bien plus difficile que les augmenter. Il faut du courage car les mécontents sont légion. Toutes celles et ceux qui ont pu bénéficier des largesses de cette Région au cours des dernières années se sont légitimement installés dans des habitudes. Baisser la dépense, faire mieux ou aussi bien, avec moins, renoncer à certaines actions ou missions, tout cela est difficile et c’est à cette responsabilité importante que ce premier budget nous invite.

Sérieux budgétaire donc, et aussi respect de nos engagements :

En premier lieu, et c’est un sujet sur lesquels nous serons très attendus : c’est le front de l’emploi. Ce budget affiche son ambition dans ce domaine. Première région de France, nous avons donc une responsabilité quasi « nationale » pour être moteur d’une économie dynamique. Soyons agiles pour aller rapidement là où les entreprises nous attendent. Et dans bien des cas, cela ne se traduit pas nécessairement pas de l’aide financière. Nous devons être facilitateur, intermédiaire utile, levier pour aller chercher les bons relais, notamment européen, pour créer du lien et des marchés pour nos filières. Notre vision de l’intérêt général nous imposera d’aller résolument dans des champs innovants s’appuyant résolument sur une force reconnue de notre territoire : nos talents et nos matières grises. Deux champs sont à ce titre particulièrement prometteur et correspondent à des secteurs en forte croissance partout dans le monde : le numérique bien sûr, pour lequel notre budget s’engage, mais aussi un autre domaine qui est vaste et indéniablement en croissance : je veux parler de toutes ses filières qui produiront les solutions pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles, qui réduiront par là-même les niveaux toujours encore trop élevés de polluants atmosphériques dans les grandes métropoles, qui nous feront économiser les matières premières et réduirons nos impacts sur les espaces naturels et la biodiversité.

Le soutien à l’emploi, c’est aussi l’amont, avec des filières d’apprentissage et de formation professionnelle qui prépare jeunes et moins jeunes à l’emploi. Nous l’avons tous constaté, malgré les sommes colossales que nous y consacrons et l’effort sera maintenu dans ce budget, la question n’est plus aujourd’hui que budgétaire, elle est de mieux organiser le système qui s’est aujourd’hui enlisé. Nous ne pourrons pas agir seul et un véritable partenariat avec l’Etat devra nous permettre de remettre à plat ce système et atteindre au moins deux objectifs simples : faire en sorte que la formation professionnelle aille prioritairement aux demandeurs d’emplois et faire en sorte que les formations et les cursus d’apprentissage soient enfin en adéquation avec la demande locale des entreprises. Et pour cela, il faudra remettre l’entreprise au cœur de la décision dans ce domaine.

Et nous le savons, d’autres chantiers sont encore devant nous. Nous aurons par exemple à participer à la simplification de la vie quotidienne des entreprises et notamment des plus petites, forcément plus démunies face aux tracasseries administratives. Nous aurons à imaginer des dispositifs d’accompagnement pour alléger la part du temps qu’elles consacrent aux questions administratives… sans parler des marchés publics toujours encore plus facile d’accès pour les gros que pour les petits.

Permettez-moi de poursuivre sur quelques autres sujets auxquels nous avons porté une attention dans ce budget et qui là aussi, seront dans nos priorités durant cette mandature.

En premier lieu, celui de la lutte contre les discriminations. Bien sur il n’est pas dans les prérogatives principales de la région d’aller dans ce domaine, mais nous avons une responsabilité toute particulière pour agir auprès d’un public auquel nous nous adressons quotidiennement : je veux parler des lycéens. C’est dès le plus jeune âge que certains repères républicains doivent être rappelés. Parmi ces repères, celui du vivre ensemble au-delà des différences des uns et des autres est fondamental. Les sujets ne manquent pas et malheureusement, on le constate tous les jours, c’est un combat permanent. J’imagine par exemple, que nous pourrions lancer cette année, une campagne de sensibilisation des lycéens à la lutte contre l’homophobie.

Par ailleurs, la région devra rester présente dans le domaine de l’information sur la contraception et l’IVG. Je crois que l’exécutif devrait présenter un amendement en ce sens au cours de cette séance.

Second axe : celui des transports. C’est un sujet sur lequel, sans doute plus que sur tout autre, les franciliens nous attendent… et vite. L’exaspération est à son comble pour tous les usagers des transports en commun. Ce budget témoigne de notre pleine prise de conscience de l’urgence à répondre au plus vite aux changements qu’attendent les franciliens dans leur quotidien et nous nous en félicitons. J’ajouterais qu’à ce titre, notre budget serait utilement complété si nous adoptions deux amendements déposés par le groupe EELVA. Je veux parler de celui demandant à la Région de négocier avec l’Etat le passage à 5,5% du montant de la TVA applicable aux transports en commun et d’obtenir, enfin, la mise en place d’une taxe poids lourds d’autant plus aisée à mettre en place que les portiques n’ont heureusement pas été démonté dans notre région.

Un mot sur les routes. Nul ne peut nier le fait qu’il faut entretenir les routes. Je crois qu’il nous faudra innover et dépasser la simple question de la congestion, ce d’autant  plus que beaucoup d’études montrent qu’un simple décongestionnement ne résout souvent les problèmes que passagèrement avec des congestions qui se recréent quelques années plus tard par afflux nouveau de circulations. Dans une région très contrainte dans son espace, notamment dans les parties les plus congestionnées précisément, il nous faudra trouver des solutions nouvelles. Et je crois que la piste selon laquelle nous pourrions être sélectifs dans l’usage de certaines voies est une idée à creuser : véhicules propres, véhicules transportant plus d’une personne, ou utilitaires par exemple…

… les idées ne manquent pas. Tout cela participe d’une dernière priorité que ce budget intègre : celui de l’énergie. La Région a là aussi gagné des compétences fortes. Il nous faudra prendre pleinement nos responsabilités de chef de file pour faire de notre Région une région exemplaire dans le domaine d’une part des énergies renouvelables et d’autre part dans les économies d’énergie. Nous avons deux atouts : être à la fois très urbains et très rural. L’urbain, c’est un potentiel extraordinaire d’économie d’énergie. Le rural, c’est un potentiel important d’énergie renouvelable. Une combinaison idéale pour faire de notre région la première région du monde à énergie positive, à savoir qui consommera à terme autant d’énergie qu’elle en consomme.

Je conclurai donc mon propos sur cette idée : que ce budget annonce une énergie nouvelle et positive pour cette mandature !

 

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