« Construire, agrandir et rénover les lycées est une urgence pour accueillir décemment les élèves »

 

Béatrice Lecouturier, présidente de la Commission de l’Education et des Lycées plaide pour une révision de plan pluriannuel d’investissements dans les lycées, afin d’accélérer les procédures et répondre à l’urgence: manque de places dans les lycées et bâtiments en mauvais état.

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Madame la présidente,

Le lycée est d’abord un lieu de formation et la qualité de celle-ci dépend pour une part importante des conditions matérielles que l’établissement offre : il importe donc que ce cadre de travail permette au mieux l’action pédagogique et la réussite éducative Le lycée est également un lieu de vie et un lieu de socialisation, ce qui implique que les conditions d’accueil, la restauration et l’hébergement, l’accès au sport et à la culture soient les mieux appropriés à ces fonctions essentielles pour les jeunes.

 

L’enjeu de ce Plan pluriannuel d’investissements est d’emmener nos lycéens vers la réussite scolaire.

C’est encore une fois en s’adaptant le mieux possible à chaque territoire, en étudiant au plus près la demande formation par rapport aux bassins d’emploi de chaque département, de chaque ville, en favorisant la mixité sociale des établissements que la région réussira sa mission. C’est tout l’enjeu de la carte professionnelle que vous nous proposez.

 

Le plan pluriannuel d’investissement est la pierre maîtresse de l’édifice de toute la politique régionale des lycées, véritable outil de projection dans l’avenir en termes d’investissement, de construction ou de rénovation des lycées.

C’est la feuille de route qui donne à la région les grandes orientations sur 10 ans à tenir en matière de politique des lycées. Acte majeur de programmation des investissements régionaux, le Plan pluriannuel d’investissements permet aux citoyens, et au premier rang d’entre eux aux jeunes, à leurs parents, à la communauté éducative, mais aussi aux élus, aux autres collectivités de la région ainsi qu’aux services de l’Etat, d’avoir une lisibilité́ sur l’action régionale.

Il dessine en effet des réponses aux besoins à venir des lycéens, tant en matière d’efficacité́ pédagogique et éducative, qu’en matière de qualité́ de vie lycéenne. Il tient compte des évolutions démographiques, socio-économiques et territoriales de la région.

Le Plan pluriannuel d’investissements est donc un document de prévision et de cohérence, un guide pour l’action, qui fournit des indications sur la hiérarchie des investissements en termes d’opportunité́ et de délais, et sur la manière dont cette hiérarchie a enté établie. Il servira de cadre de référence pour la préparation des budgets annuels, qui sera elle-même l’occasion de réapprécier l’opportunité́ des opérations inscrites.

Vous nous proposez donc une révision totale de ce Plan pluriannuel d’investissements pour remettre à l’honneur les lycées et la jeunesse de notre région priorité de notre mandat.

En effet, le Plan pluriannuel d’investissements voté en 2012 a deux grands défauts :

  • D’abord, il ne résout pas les retards de constructions alors que la démographie lycéenne est très dynamique
  • Ensuite, il ne définit pas de plan pluriannuel de maintenance : en la matière, la Région ne dispose d’aucun document de référence nous permettant de nous projeter et de prévoir

L’explosion démographique des années 2000 n’a pas été suffisamment anticipée laissant les lycées dans une situation d’urgence quant à l’accueil des lycéens.

10% des lycées d’Ile-de-France sont en sureffectif.

Salles de cours surchargées, bâtiments démontables provisoires qui deviennent définitifs pour faire face à un afflux d’élèves sont autant de conditions de travail défavorables tant pour les élèves que pour les enseignants.

Il est donc urgent de répondre à cette augmentation d’effectifs par la construction de nouveaux lycées en faisant mieux et plus vite.

Et nous en venons au problème des délais. En effet lorsque l’on sait qu’il faut en moyenne plus de 8 ans pour la construction d’un lycée, les marges de progression sont immenses !

Car en réalité, ce n’est pas tant la phase de construction qui est la plus longue (il faut en moyenne 15 à 18 mois maximum pour que le lycée sorte de terre) mais cette multitude de process, de réglementations, de verrous administratifs qui font prendre du retard à une opération de construction d’un lycée.

Le pragmatisme, l’efficacité, l’inventivité seront les clés d’un raccourcissement des délais entraînant de fait une économie des dépenses.

La visite du lycée professionnel de Ris-Orangis que nous avons faite avec vous Madame la Présidente la semaine dernière, est l’exemple même de ce besoin impératif de rénovation et d’extension. Cet établissement passera donc de 600 à 1200 places et deviendra par là même un lycée polyvalent en intégrant un lycée d’enseignement général pour favoriser la mixité sociale.

Face au manque criant de places dans les lycées franciliens, Le partenariat public-privé peut-être effectivement une solution alternative pour accélérer les délais de réalisation.

Néanmoins nous voulons attirer votre attention Madame la présidente, sur les limites de ce système de financement. En effet selon les rapports de la commission des lois de 2014 et celui de la cour de comptes de 2015 ont pointé les limites de ce choix de partenariat qui pourrait au final alourdir la dette des collectivités. C’est pourquoi nous souhaitons que ces contrats soient particulièrement bien étudiés à leur signature afin de ne pas avoir de surprises quant aux risques et aux conséquences de signature de tels partenariats.

En résumé Madame la présidente, je pense qu’il faut étudier de manière pragmatique et éclairée toutes les pistes qui permettront de répondre à l’urgence de la situation. Les contrats de partenariats en sont une, et nous ne devons pas nous l’interdire.

La responsabilité d’une région est de savoir entretenir le patrimoine qui lui a été confié. Et le patrimoine des lycées en Ile-de-France est énorme : 469 lycées, 6,5 millions de m² avec des bâtiments remarquables, je pense aux grandes cités scolaires parisiennes.

Pourtant, le manque de vision prospective est flagrant sur ce point. C’est pourquoi nous proposons qu’un véritable plan de maintenance des lycées soit mis en place avec une déclinaison des travaux à envisager sur une durée à 10 ans.

Mieux préparer, mieux anticiper pour agir, non pas dans l’impréparation et la précipitation, mais avec une connaissance des travaux permettrait une gestion bien plus efficace de la maintenance du patrimoine régional des lycées avec un la mise en place d’un véritable Plan Pluriannuel de maintenance. Lorsque l’on connaît le coût de remplacement d’une fenêtre d’un de ces lycées qui avoisine les 6000 euros, on se rend vite à l’évidence de l’effort financier que ces bâtiments imposent à la région. Manifestement, ce patrimoine, par manque de volonté politique a été trop longtemps ignoré voire sacrifié.

Enfin, je ne voudrais pas terminer cette intervention sans avoir une pensée particulière pour l’accueil des lycéens en situation de handicap. En effet, l’accueil de ces élèves doit rester une priorité incontournable de la région. Or nous constatons comme ailleurs des retards dans la mise aux normes d’accessibilité.

En offrant un accueil personnalisé à chaque lycéen en situation de handicap pour répondre à ce défaut d’accessibilité, la région retrouve sa mission d’accueil universelle de chaque lycéen et je vous remercie madame la présidente de cette initiative.

En conclusion, par ce Plan pluriannuel d’investissements les lycées vont pouvoir rattraper le retard qu’ils avaient pris ces dernières années. C’est la volonté d’offrir à nos jeunes franciliens des lycées dont ils sont fiers, de travailler dans de bonnes conditions, des lycées à la pointe de la technologie, qui respectent l’environnement.

Vous l’aurez compris, nous sommes tout à fait favorables à une révision du Plan pluriannuel d’investissements.

Je vous remercie

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