Notre plan pour lutter contre le décrochage scolaire

Afin de répondre au décrochage scolaire qui touche aujourd’hui près de 30 000 jeunes franciliens chaque année, Nathalie Elimas a estimé qu’il « n’est plus possible que seuls 8% des décrocheurs bénéficient d’un suivi » et a appelé à ce que « toutes les forces mobilisées dans la lutte contre le décrochage scolaire travaillent de concert et harmonisent leurs actions de prévention ». L’élue Modem ajoute que « face au décrochage scolaire la formation professionnelle doit être considérée à sa juste valeur, pour ce qu’elle est, à savoir un cursus diplômant et un tremplin vers l’emploi ».
L’amendement présenté par le groupe, visant à développer, soutenir et accompagner les réseaux et associations d’anciens élèves intervenant auprès des lycéens pour les aider dans leurs démarches d’orientation et en mettant en place des mécanismes de tutorat et de parrainage a été adopté à l’unanimité.

Madame la Présidente, Madame la Vice-présidente, mes chers collègues.

110 000 ! Ce sont plus de 110 000 jeunes qui sortent chaque année de notre système éducatif sans diplôme et se retrouvent ainsi en situation d’extrême précarité face à l’emploi. Chaque année, environ 30 000 jeunes franciliens sont en situation de décrochage scolaire . C’est un bien triste bilan.

Alors certes, le nombre de décrocheurs est en baisse au niveau national depuis la « Stratégie Europe 2020 ». Mais peut-on vraiment s’en contenter ?

Plus que jamais, nous avons le devoir de donner à chaque jeune les cartes qui lui permettront de construire son avenir professionnel et réussir sa vie en société.

Cette lutte contre le décrochage scolaire, mes chers collègues, elle nous concerne tous.

La mobilisation de toute la communauté éducative, en lien avec les collectivités locales et les représentants du monde professionnel, doit permettre de proposer une solution à chaque jeune en situation de décrochage.

Alors oui, la Région aura un rôle majeur à jouer. Il n’est plus possible, il n’est plus acceptable que seuls 8% des décrocheurs fassent l’objet d’un suivi !

L’économie est en mutation, les secteurs porteurs sur le marché du travail évoluent et lorsque l’on sait que 9 emplois sur 10 ne seront pas à la portée d’une personne ayant arrêté l’école précocement. Ne pas lutter contre le décrochage scolaire reviendrait à laisser sciemment nos jeunes s’orienter vers la précarité et le chômage.

La Région Ile-de-France entend donc prendre à bras le corps ce fléau pour un lycée de toutes les réussites car, non, une sortie prématurée du système scolaire, n’est pas une fatalité.

Des actions pédagogiques montrent qu’il est possible de la prévenir et d’y remédier et pour être efficaces, nous devons rendre les différents dispositifs visibles et audibles par le plus grand nombre, plus cohérents, moins fragmentés, mettant tous les échelons institutionnels en action et dans le même sens.

La Région peut être moteur en la matière. Organiser les assises du décrochage  constituerait un premier pas.

Elle devra également être coordinatrice de toutes les actions de prise en charge des jeunes et j’ajoute que ce n’est qu’en définissant des objectifs qualitatifs et quantitatifs précis et chiffrés que nous pourrons agir efficacement et mettre en œuvre des politiques publiques partenariales de long terme.

Et puis, lutter contre le décrochage, c’est aussi penser formation et emploi.

L’objectif est double : permettre aux jeunes décrocheurs de reprendre une formation ou utiliser tous les leviers dont nous disposons pour les accompagner vers l’insertion professionnelle.

Aujourd’hui, l’orientation scolaire et le choix de la formation sont déterminants pour un jeune.

Nous devons changer de paradigme. Il ne s’agit plus de faire les études les plus longues qui soient, mais d’aider à s’orienter en connaissance de cause vers des formations diplômantes débouchant sur une insertion professionnelle certaine.

J’évoquais les mutations du marché du travail. La formation professionnelle dans le secondaire est mal considérée en France. L’orientation dans ces filières se fait presque toujours par défaut plus que par véritable intérêt et seuls des résultats scolaires insuffisants pousseront des parents à inscrire leurs enfants dans ces filières.

Or nous  devons considérer la formation professionnelle pour ce qu’elle est : un tremplin vers l’emploi.

En cela la Région doit promouvoir des actions de communication valorisant des formations en alternance et apprentissage.

Face à cet impératif de pédagogie sur l’orientation je crois que le système de tutorat que vous proposez madame la Présidente est une bonne idée.

Le groupe Centre & Démocrates entend soutenir cette démarche notamment en favorisant l’implication d’anciens élèves dans les lycées franciliens et en les invitant à accompagner des élèves au travers de retours d’expériences. Et pourquoi pas en leur ouvrant les portes du monde du travail.

Enfin, et pour répondre de façon concrète à ces objectifs, nous n’oublierons pas de nous tourner du coté de l’Europe qui ne reconnait que trop le besoin urgent d’endiguer le décrochage.

Et nous n’oublierons pas que le FSE peut venir en cofinancement d’activités destinées à prévenir l’échec scolaire et à réintégrer les jeunes déscolarisés,  je pense là aux  PSP, les protocoles de sécurisation des parcours.

Ces partenariats en soutenant la mise en réseau des acteurs locaux permettent la mise en œuvre d’actions de remobilisation des jeunes sortis du système scolaire.

Je rappelle que l’AAP ( appel à projet) lancé en 2015 n’a pas suffisamment mobilisé le territoire et que l’on ne compte que 4 projets seulement mobilisant 200.000 euros de FSE sur un montant disponible de 500.000 euros.

C’est pourquoi nous ne manquerons pas de faire évoluer et rendre plus accessible cette opportunité aux porteurs de projets car comme le dit si bien Madame Von Euw  VP en charge des Affaires européennes, « nous nous faisons un devoir d’engager massivement les fonds européens au service des Franciliens et montrer ainsi que l’Europe peut être utile et efficace ».

Ainsi, vous l’aurez compris, le groupe Centre & Démocrate entend faire de la lutte contre le décrochage un combat prioritaire.

Soyons chef de file dans le déploiement de politiques publiques partenariales en matière d’éducation.

Actionnons tous les leviers à notre disposition pour faire de la réussite scolaire et professionnelle de nos jeunes un impératif.

Mobilisons tous les moyens financiers pour y parvenir.

Il n’y pas plus de fatalité au décrochage qu’il n’y en a au chômage.

Les outils sont là, comme souvent, c’est une simple question de volonté.

De volonté et d’action.

Je vous remercie.

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