Prévenir les risques de radicalisation chez les jeunes

Se félicitant de l’initiative de la Présidente de la Région d’instaurer des conférences de prévention animées par des « grands témoins du terrorisme », comme le sont Latifa Ibn Ziaten et Samuel Sandler, contre le risque de radicalisation dans les lycées, notre groupe a fait adopter un amendement permettant aux lycées de prolonger cette réflexion par des projets éducatifs et pédagogiques.

Madame la Présidente, chers collègues

Les événements tragiques que notre pays a vécu en janvier et novembre 2015, nous ont rappelé que personne n’est à l’abri du terrorisme. La folie meurtrière de certains est malheureusement sans limite. Nos jeunes ont en été victime. Nous portons encore le deuil de ces enfants de la République, de nos jeunes, innocents, qui n’avaient qu’un tort : vivre et vivre libre.

Cette barbarie à l’encontre de la jeunesse est d’autant plus tragique et cruelle qu’elle est l’oeuvre d’une jeunesse perdue, endoctrinée, radicalisée par des fanatiques religieux qui justement n’ont de religieux que le nom. Et encore…

L’islam en tant que Religion n’est pas en cause. Ce sont les dérives extrémistes, de tout culte, qui conduisent au terrorisme. Ce sont ceux qui prêchent la haine de l’autre et utilise le sacré à des fins personnelles.

Les véritables ennemis de la République ce sont ceux qui exploitent les moindres faiblesses de nos jeunes dans le but de les convertir à une cause obscurantiste qui les mènera le plus souvent à la mort.
Le salafisme en est aujourd’hui l’exemple.

Il est facile de recruter des âmes en perdition. Car dans la plupart des cas ceux qui vont au bout de la démarche – la mort en martyr – sont souvent au départ des enfants fragiles et sensibles qui se sentent perdus et ne voient pas d’avenir dans le monde des adultes.

Si les parents ont évidemment un rôle à jouer pour déjouer les mécanismes de la radicalisation qui guette leurs enfants, il faut avant tout qu’ils soient attentifs, qu’ils les aiment, qu’ils les cadrent et qu’ils soient présents à leurs côtés.

Mais la société a également son rôle à jouer. L’école est en dehors des parents la principale cellule sociétale dans laquelle nos enfants évoluent avant de prendre leur envol dans le monde des adultes. La culture, l’apprentissage du savoir, le développement de l’ouverture d’esprit sont les meilleures armes contre la radicalisation de nos enfants.

Aujourd’hui l’école de la république, celle de Jules Ferry va mal. On ne cesse de la détruire à petit feu depuis des années en la tirant vers le bas. Cette école de la République qui devrait être un rempart contre tous les obscurantismes ne remplit plus son rôle. L’ascenseur social est en panne.

Alors en attendant que nous le réparions, il nous faut trouver d’autres moyens pour éviter que d’autres enfants de la République ne sombrent dans le terrorisme.

Cette idée des « Grands témoins contre le terrorisme » en fait partie. Emmener dans les lycées témoigner sous forme de conférence des personnes qui ont vécu dans leur chair la réalité du terrorisme permet effectivement aux jeunes de mieux appréhender le terrorisme, de le décrypter et de s’armer contre le fanatisme religieux.
Pédagogie, vérité et républicanisme doivent être les maîtres mots de ces témoignages.

Tous ceux qui ont eu la chance d’assister à une des conférences animées par cette femme remarquable qu’est Latifa Ibn Zaiten, la mère de l’un des militaires tués par Mohamed Mérah peuvent témoigner, comme je le fais devant vous, de l’impact positif de ce type d’action.

C’est la raison pour laquelle, Madame la Présidente, le Groupe du Centre et des Démocrates votera la délibération que vous nous proposez, en vous demandant de prolonger cette démarche grâce à l’amendement que nous défendrons dans un instant.

Merci

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