Protéger les jeunes franciliens des drogues et des addictions

La circulation des drogues et le développement des addictions dans les lycées franciliens est une réalité avérée et a des conséquences désastreuses pour la scolarité et la santé de nos jeunes. Contre ce fléau, le groupe centriste a insisté sur son attachement au volet préventif de la lutte anti-drogue.

Le Conseil régional a donc adopté un amendement du groupe, visant à donner la possibilité aux chefs d’établissement d’avoir recours à un mécanisme d’analyse des eaux usées afin d’établir un diagnostic fiable et anonyme du niveau de consommation de drogue dans les lycées. Cet outil de prévention permettrait d’identifier les lycées où une action ciblée contre les drogues est prioritaire et éviterait dans le même temps d’user d’outils de prévention possiblement stigmatisant pour les jeunes.

Pour « prendre à bras le corps la lutte contre les addictions dès le collège », comme l’affirme Sandrine Lamiré, Présidente de la Commission Santé, les élus du groupe CD ont obtenu par voie d’amendement que des actions de préventions soient menées de concert entre la Région et les départements franciliens.

Madame la Présidente, mes chers collègues,

Nous constatons en France que les niveaux de consommation de certaines substances psychoactives, sont particulièrement élevés chez les adolescents, en dépit des campagnes de prévention et de la réglementation qui visent à limiter l’accès des mineurs à ces produits.

Parmi les jeunes de 17 ans,

  • un sur trois fume quotidiennement,
  • 10% fument régulièrement du cannabis,
  • 1 sur 2 connaît une alcoolisation importante au moins une fois par mois.

Le constat est d’autant plus inquiétant que nos jeunes Français sont en tête des consommations de cannabis et d’alcool au niveau européen.

Il s’agit donc d’un véritable enjeu de santé publique. Pourtant il est souvent écarté, éludé.

On le sait, l’adolescence est une période de vulnérabilité, qui s’accompagne de nombreux changements physiologiques et physiques. Elle constitue également une phase de curiosité.

La consommation de stupéfiants et l’alcool est une manière d’appartenir à un groupe, une culture mais elle peut être une manière d’échapper à la réalité du quotidien ou d’atténuer des angoisses.

Il y a de la part du jeune un déni quasi systématique de sa consommation, ce dernier s’appuie sur une fausse idée : « tout le monde consomme». Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée mais également la plus banalisée ce qui explique pourquoi les adolescents se révèlent peu sensibles à la mise en garde de risques sanitaires à long terme ainsi que des dommages sociaux associés.

Je me permets de préciser, puisque des amendements ont été déposés en ce sens, que le débat n’est pas celui de la dépénalisation ou de la légalisation du cannabis : nous parlons ici de mineurs qu’il s’agit de protéger.

Nous souhaitons réaffirmer ici notre volonté pleine et entière de lutter contre les addictions des jeunes.

Quoiqu’il en soit, les campagnes de prévention dans les lycées restent incontournables mais doivent s’accompagner aujourd’hui d’actions plus ciblées voir individuelles au sein des établissements.

La formation de référents au sein des établissements est une avancée significative et apportera une aide précieuse aux familles souvent démunies surtout lorsqu’il s’agit d’une addiction liée à une dépression ou à l’anxiété.

Enfin, on observe que les jeunes consomment de plus en plus jeunes (parfois dès l’âge de 11 ans) avec une accélération entre la 4e et la 3e. Les enquêtes montrent que le risque de dépendance est étroitement lié à la précocité de la consommation. C’est pourquoi il parait incontournable aujourd’hui de travailler étroitement avec les départements pour démarrer la prévention au collège dès l’entrée en 6ème pour mettre en garde nos jeunes face aux sollicitations de l’extérieur notamment aux portes de leurs établissements et des risques de dépendance.

En résumé, nous devons prendre la question des addictions à bras le corps, avec pragmatisme et détermination.

C’est dans l’expérimentation de dispositifs nouveaux, dans la recherche de solutions concrètes à des problèmes rencontrés par les équipes éducatives que nous pourrons trouver les mesures les plus efficaces car adaptées aux réalités concrètes.

Je vous remercie

Défense de nos deux amendements sur la lutte contre les addictions par Béatrice Lecouturier

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