Un budget d’autonomie pour permettre les initiatives des lycées

Béatrice Lecouturier a défendu le principe d’un budget « autonomie des lycées » qui puisse permettre aux chefs d’établissements de disposer d’un budget qu’ils utiliseront en fonction de leurs besoins et des politiques éducatives qu’ils souhaitent mettre en oeuvre. 

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Madame la Présidente, Madame la vice présidente,

Avant d’évoquer l’idée de cette expérimentation de budget d’autonomie pour les lycées publics franciliens, je voudrais tout d’abord rappeler que les EPLE disposent déjà d’une certaine forme d’autonomie dans leur gestion courante.

En effet, sur un plan juridique, l’EPLE créé par la loi du 22 juillet 1983 modifiée par la loi du 25 janvier 1985 dispose d’un champ d’autonomie dans des domaines variés mais ces textes recèlent d’une série de verrous qui encadrent étroitement cette marge de liberté.

Les textes ont donc une conception restrictive de la notion d’autonomie. Directives données par le ministère public et les autorités académiques, et en matière budgétaire, l’EPLE doit respecter les orientations qui lui sont notifiées par la région avec le montant de sa subvention.

Même si une certaine volonté de libéraliser ces contraintes existent, l’autonomie des établissements ne résiste guère aux tendances profondes du système à la centralisation et à l’uniformisation, sauf à développer une très forte volonté́ tant des autorités politiques et académiques que des établissements eux-mêmes.

Actuellement les marges de l’autonomie de l’EPLE peuvent se situer dans le domaine du pilotage pédagogique, de la gestion des ressources humaines, de celle des moyens financiers et plus particulièrement des moyens d’enseignement.

Les EPLE demeurent donc trop peu autonomes quant à l’utilisation des fonds pour lesquels ils sont candidats n’incitant pas les projets innovants.

Plusieurs études internationales montrent l’impact positif de l’autonomie des directions d’établissements scolaires sur la gestion et sur l’apprentissage. L’OCDE pointe ainsi l’analyse du programme international PISA indique que l’autonomie des établissements scolaires est en corrélation positive avec les résultats des élèves.

Cette étude montre également qu’une plus grande autonomie en matière de gestion permet de faire des choix pédagogiques ciblés sur l’amélioration de l’enseignement et de l’apprentissage.

En Ile-de-France, ce sont 469 lycées qui représentent 469 situations différentes.

C’est pourquoi cette expérimentation de budget d’autonomie pour les lycées publics franciliens prend tout son sens madame la Présidente. Les problématiques du lycée professionnel de Ris-Orangis que nous avons visité cette semaine avec vous n’auront rien en commun avec celles d’un grand lycée parisien.

C’est pourquoi nous sommes tout à fait favorables à cette expérimentation auprès de 10 lycées d’Ile-de-France et attentifs au bilan qui en sera fait à la fin de l’année 2016-2017.

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