Les mêmes aides pour les lycéens des enseignements public et privé

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Madame la Présidente, Madame la vice présidente,

Encore une fois, une mesure de bon sens, à vocation sociale, dans un esprit d’égalité de nos lycéens d’Ile de France semble mettre nos collègues de l’opposition dans un émoi que je ne comprends pas.

En effet, le code de l’Education à ce sujet est clair et stipule que « les collectivités territoriales peuvent faire bénéficier des mesures à caractère social, tout enfant sans considération de l’établissement d’enseignement qu’il fréquente »

Supprimer les aides sociales aux établissements privés sous contrat par une délibération de 2012 était un acte hautement politique de l’ancienne majorité.

Remettre en place cette mesure n’est que justice.

Alors ne nous accusez pas de rallumer cette question enseignement privé/enseignement public dont seule la France a le secret qui relève autant du sport national que de l’histoire de nos mentalités qui ont du mal à évoluer. Car c’est bien vous qui avez souhaité remettre en cause cette égalité scolaire en supprimant ces aides qui existaient depuis 2001.

Aujourd’hui en Ile-de-France, ce sont près de 93000 lycéens qui sont inscrits dans l’enseignement privé sous contrat pour 400 000 lycéens dans l’enseignement public, soit plus de 20% des lycéens franciliens.

Ces élèves de l’enseignement privé suivent les mêmes enseignements académiques, passent les mêmes diplômes que leurs amis du public et n’auraient pas le droit de bénéficier de l’aide régionale pour la gratuité des manuels scolaires ?

De même, les élèves qui suivent un enseignement professionnel ne pourraient pas bénéficier des aides de la région pour leur équipement  coûteux ? Ce sont en majorité des jeunes de milieux modestes qui s’engagent dans ces filières professionnelles et qui ont tout autant besoin d’un coup de pouce financier de la région pour faire face aux frais importants liés à leur filière professionnelle que leurs amis de l’enseignement public.

De même, un élève modeste du privé demi pensionnaire ne devrait pas être traité de manière égale qu’un de ses amis du public ? ou ne pas bénéficier d’une bourse régionale aux frais de concours sous prétexte qu’il est inscrit dans un établissement privé et qu’il a réussi à intégrer une filière d’excellence post-bac?

La richesse d’une société est fondée sur la différence.

L’école doit aussi être riche de ses différences qui se conjuguent et  deviennent source de succès scolaire.

Nier, refuser et rejeter cette différence est source d’appauvrissement culturel et intellectuel.

Car en réalité, pourquoi les parents choisissent ils de mettre leur enfant dans l’enseignement privé ?

Ce ne sont plus les considérations religieuses qui entrent en priorité dans le choix de mettre un enfant dans un établissement privé mais avant tout le désir pour chaque parent à donner le meilleur à son enfant. Malheureusement, force est de reconnaître que certains établissements publics ne remplissent plus cette mission d’excellence et prometteur d’avenir solide pour leurs enfants.

Le taux d’absentéisme et de non remplacement des professeurs du public explose alors que l’enseignement privé est surtout perçu comme des établissements aux projets et aux équipes stables.

D’ailleurs, il est révolu le temps où seules les familles aisées mettaient leurs enfants dans les écoles privées. De plus en plus nombreuses sont les familles modestes qui se tournent vers ces écoles privées espérant qu’elles leur donnent ce que le public a renoncé à transmettre à leurs enfants.

10% des parents d’élèves scolarisés dans l’enseignement privé ont un revenu inférieur à 19000 euros.

Ces familles sont prêtes à fournir un effort financier pour leurs enfants. La région doit pouvoir accompagner les accompagner au nom de la liberté de choix, au nom de la liberté de l’enseignement et au nom de l’égalité de traitement entre les élèves.

Ce n’est pas une mesure qui vise à dépouiller l’enseignement public pour favoriser le privé comme nous avons pu l’entendre en commission. En disant cela, vous nous offrez  une vision restrictive, idéologique et dépassée de l’enseignement en France.

Aujourd’hui, Le choix entre école publique et école privée semble être de moins en moins un enjeu idéologique. Le clivage traditionnel droite-gauche, catholiques-laïques, tend à s’estomper sur ce sujet au profit d’une approche plus pragmatique, qui voit, parfois au sein d’une même famille, des enfants inscrits dans les deux types d’établissement.

Enfin je souhaiterais insister sur le fait que ces aides sont de 1,6 million d’euros pour un budget régional de 5 milliards d’euros soit 0,03% du budget.

Alors vous aurez compris madame la présidente que nous soutenons totalement ce projet de justice sociale scolaire que voterons avec enthousiasme.

Je vous remercie.

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