Attentats de Magnanville et Orlando: « Pour des actions éducatives à destination des jeunes »

Suite aux attentats de Magnanville et Orlando, Yann Wehrling a souhaité interpeller Valérie Pécresse sur les mesures que la Région pourrait mettre en oeuvre, en développant notamment des actions éducatives de sensibilisation et d’information à destination des jeunes, en complément des mesures d’urgences déjà prises.

Madame la Présidente,

Ces derniers jours ont été marqués par deux attentats survenus de manière concomitante. Ils nous replongent quelques mois en arrière et nous rappellent que la menace est permanente et que la lutte contre le terrorisme est un travail de longue haleine.

Tous nous pensons à nos forces de l’ordre, durement éprouvées par le double-assassinat du couple d’agents de la Police nationale à Magnanville. Ce geste odieux n’est évidemment pas un hasard, il vise clairement celles et ceux qui sont mobilisées depuis des mois pour assurer la sécurité de nos compatriotes.

Je pense également à la tuerie d’Orlando. 49 innocents assassinés avec pour seul mobile l’homophobie, le rejet de la différence. Cet événement résonne fortement à moins de 3 semaines de la Marche des fiertés de Paris. Cette marche aura naturellement une connotation particulière et, dans ce contexte, il est particulièrement important de réaffirmer notre soutien à la communauté LGBT. A ce titre, la participation de la Région, qui demeure le premier contributeur de cette marche, nous tient particulièrement à cœur, notamment via le CRIPS.

La question de la sécurité de cet événement se pose évidemment de manière aigue, et nous comptons sur votre appui, Madame la Présidente, pour demander à l’Etat d’apporter les gages d’un bon déroulement de l’événement.

Ces deux attentats ont un point commun : la radicalisation qui gagne de nombreux jeunes dans nos pays occidentaux. Et ils nous font prendre conscience qu’aujourd’hui, les terroristes agissent sans être passés par la case « Moyen Orient », mais directement sur notre territoire.

Au-delà, et parallèlement aux mesures d’urgence, il est crucial d’engager au plus vite des chantiers qui porteront leurs fruits sur le long terme.

Dans la lutte contre le terrorisme, nous avons initié les conférences des grands témoins. C’est une excellente mesure. Contre l’homophobie, nous comptons particulièrement sur l’action de notre bras armé, le CRIPS.

Mais pour compléter notre action, il nous semble opportun d’investir les réseaux sociaux avec une politique éducative à destination des jeunes. Aujourd’hui, les adolescents vivent une grande partie de leur temps sur internet, seuls devant leur écran, à un moment de leur vie où ils se construisent, période remplie de doutes, et donc de fragilité. Nous devrions sensibiliser, informer, avoir une action à vocation éducative, auprès d’eux. Ce n’est pas notre compétence me diront certains, c’est à l’Etat d’agir. Certes, mais face à la situation nous sommes tous en responsabilité d’agir.

La Région peut développer une action en ce sens, complémentaire à l’action de lutte contre le harcèlement sur les réseaux sociaux que nous voterons demain : lutte contre la radicalisation, pour éviter l’embrigadement de jeunes déboussolés, et lutte contre l’homophobie, parallèlement à notre soutien affiché à la Marche des Fiertés et en lien avec le CRIPS, pour sensibiliser et informer et éviter la banalisation.

Madame la Présidente, ce dont nous parlons représente un investissement de long terme, et peu coûteux. Un chantier de réflexion que l’on devrait ouvrir au sein des commissions thématiques compétentes.

Je vous remercie.

Partager sur
  • Partager via Facebook
  • Partager via Google
  • Partager via Twitter
  • Partager via Email