Innovons dans la lutte contre le SIDA !

Sandrine Lamiré-Burtin, Présidente de la Commission Santé, a défendu le projet, présenté par la Vice-Présidente de la Région Farida Adlani, de rejoindre l’initiative d’ONUSIDA visant à éradiquer l’épidémie d’ici 2030. Elle a saisi cette opportunité pour présenter ses pistes pour innover dans la lutte contre le SIDA.

Madame la Présidente,

Mes chers collègues,

Nous étions précurseurs en créant le CRIPS à la fin des années 1980, soyons-le encore aujourd’hui en lançant une mobilisation de tous les acteurs pour lutter contre les nouveaux défis de la prévention.

Nous ne le répéterons jamais assez : 44% des personnes ayant découvert leur séropositivité en France résident dans notre région. La situation nous oblige à agir.

C’est pourquoi je tiens à saluer le fait que nous nous engagions aux avant-postes de la lutte internationale en rejoignant l’initiative d’ONUSIDA.

Ensuite, j’appelle à ce que nous suivions les bonnes pratiques recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé, c’est-à-dire, celles qui identifient et ciblent les personnes à risque. Suivons les progrès exemplaires qui ont été accomplis pour les contaminations par le sang et la transmission du virus de la mère à l’enfant.

Aujourd’hui, le constat est clair. Deux populations doivent représenter la cible de notre politique régionale : les jeunes et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Depuis 2003, le nombre de découvertes de séropositivité a plus que doublé chez les jeunes HSH.

C’est le revers de la médaille des innovations récentes. PrEP, TasP, TPE… autant de progrès médicaux qui améliorent les chances de survie pour ceux qui ont des conduites à risque. Si nous ne pouvons que nous en féliciter, force est de constater que la notion de risque a diminué. Les messages qui nous parviennent des acteurs de la prévention sont glaçants : « Le SIDA ne tue plus », « Le vaccin contre le SIDA existe », « Le SIDA se soigne ». Autant dire qu’une politique entière de prévention est à reconstruire !

C’est pourquoi le groupe CD se félicite que ce rapport propose un rassemblement de tous les acteurs de cette lutte. A cette occasion, deux nouvelles pistes devront être examinées. Et j’en profite pour remercier le professeur Anne-Claude Crémieux pour avoir partagé son expertise sur ces sujets en commission santé.

D’abord, nous devons densifier le réseau de prévention. Former un maximum de professionnels de santé à la question de la prévention et du dépistage. Et ce, d’autant que de nouveaux outils rapides de dépistage existent.  Les maisons de santé, qui se développent dans notre région, pourront être un vecteur efficace de lutte contre le SIDA.

Ensuite, nous devons développer une offre de prévention globale et efficace. Les campagnes de prévention et de dépistage ne doivent plus fonctionner en silos mais considérer l’ensemble des risques associés aux comportements des publics cibles. Faisons par exemple des ponts entre la prévention SIDA et les préventions contre le Chlamydia et les autres IST. L’Ipass contraception et la politique de prévention santé jeunes seront l’occasion d’expérimenter cette prévention multi-risque.

Madame la Présidente, je sais que l’innovation vous est chère. Vous pourrez compter sur notre soutien pour que la nouvelle politique de lutte contre le SIDA soit de nouveau l’occasion de le prouver.

Je vous remercie.

 

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