IPass contraception : adoptons une nouvelle approche pour la prévention dans les lycées

Sandrine Lamiré-Burtin, Présidente de la Commission Santé, a défendu le nouveau Ipass contraception présenté par la Vice-Présidente de la Région Farida Adlani. 

 

Madame la Présidente,

Mes chers collègues,

La contraception : un thème majeur de prévention au centre des relations affectives et sexuelles de la jeunesse.

Force est de constater que le passe contraception, créé en 2010, n’a pas rencontré le succès escompté. On en veut pour preuve que depuis son lancement en Ile de France, seuls 2000 pass furent distribués, dont  150 par an réellement utilisés pour 493 000 lycéens.

Ce dispositif sous-utilisé est aujourd’hui caduc au vu des améliorations législatives et réglementaires intervenues ces dernières années qui ont permis d’élargir la gratuité des moyens de contraception et le parcours de santé pour les jeunes franciliens.

Toutefois, malgré toutes ces dispositions, les acteurs des  campagnes de prévention liées aux risques de grossesses précoces et aux infections sexuellement transmissibles demeurent insuffisamment coordonnés, d’où des territoires et des populations parfois non couverts.

J’aimerais aussi dire ici, que c’est bien le Ministère de la Santé, et son antenne régionale l’ARS, qui pointent depuis la fin des années  2000, le manque d’adaptation des politiques de prévention aux évolutions des pratiques de recherche d’informations chez les jeunes Franciliens. Il suffit de surfer sur les blogs, les forums, les pages réseaux sociaux pour voir que c’est là que les jeunes vont chercher l’information. Et permettez-moi de vous alerter sur la qualité de l’information qu’ils y trouvent, notamment sur la prise de la pilule, contraception privilégiée des 15-24 ans, qui demande une information médicale spécifique et précise.

Les campagnes traditionnelles ne sont plus suffisantes. Nous devons adopter une nouvelle approche en développant une démarche intégrée via les canaux de communication modernes et accessibles directement par les jeunes Franciliens : internet et les smartphones.

L’ Ipass contraception, portail interactif disponible de son ordinateur ou de son téléphone, semble ainsi combler les lacunes en termes de prévention de l’IVG en Ile de France, et visera à remédier au manque d’information sur les moyens de contraception, et la méconnaissance des filières de soins. Il permettra aussi d’alerter les lycéens contre les risques d’IST.

Ce portail veillera également à faciliter l’accès de tous les jeunes franciliens -qui le souhaitent- à une contraception anonyme et gratuite en lien avec des acteurs institutionnels, associatifs et privés. Il s’adressera aux jeunes hommes, souvent oubliés des campagnes de contraception qui doivent aussi prendre leurs responsabilités vis-à-vis de la contraception et des conséquences que peuvent avoir les grossesses non désirées.

La région apporte une nouvelle fois sa pierre à l’édifice avec cette application numérique qui permettra de facto d’informer et de sensibiliser au-delà des portes des lycées :

– les collégiens d’abord, car force est de constater l’âge précoce des premiers rapports sexuels aujourd’hui, qui nous oblige à agir plus tôt

– les populations non scolarisées et en situation de précarité, ensuite, car elles demeurent les plus touchées par les grossesses non désirées. Il faudra ainsi veiller à compléter, en direction de ce public, l’information au sein d’acteurs locaux tels que les missions locales, protection judiciaire de la jeunesse qui sont des structures susceptibles d’accueillir ces jeunes en exclusion sociale.

 

Le Ipass contraception sera lancé en septembre 2016, il s’appuiera sur le travail en réseau et la mutualisation des compétences de tous les professionnels concernés : la clé pour pérenniser ce dispositif numérique.

Je vous remercie

 

Partager sur
  • Partager via Facebook
  • Partager via Google
  • Partager via Twitter
  • Partager via Email