Soutenons l’entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires

Le Conseil régional votait jeudi 7 juillet le plan de développement de l’entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Philippine Laniesse, conseillère régionale impliquée sur ces questions et conseillère du XIXème arrondissement (75) était empêchée. C’est Pascal Giafferi, conseiller régional et dirigeant d’entreprise, qui a pris le relais pour défendre les formes innovantes de soutien au financement des initiatives dans ces quartiers. 

Merci Madame la présidente,

Monsieur le vice-président,

Evidemment qu’il faut porter une attention toute particulière aux quartiers politique de la ville, notamment en matière de dynamisme économique, et que la question est éminemment importante en Île-de-France.

On a tendance, trop souvent, à décrier la politique de la ville, à remettre en cause les réussites qu’elle a permises ou le budget qui y a été consacré et à en dresser un constat d’échec permanent. Mais on oublie aussi souvent deux éléments : les facteurs exogènes qui influent sur ce bilan, au premier rang desquels la crise économique, ainsi que les difficultés liées à la mesure des succès puisque, bien souvent, les réussites individuelles permises par cette politique ont conduit à des départs de ces quartiers.

Après, bien sûr, la politique de la ville porte en elle-même des écueils, comme celui des limites de l’aménagement urbain comme principal vecteur de la réduction des inégalités, parfois au détriment de logiques économiques. Et, dans cette perspective, on a eu justement tendance à négliger le développement de l’entrepreneuriat comme une piste sérieuse pour lutter contre les inégalités.

Evidemment, l’insertion professionnelle ne saurait ne passer que par ce levier, ni même prioritairement, d’autres arrivent au premier chef : la qualification et la formation, la mobilité, la lutte contre les discriminations à l’embauche, un service public de l’emploi renforcé etc.

Mais c’est un levier essentiel car, jusqu’à aujourd’hui, comme je le disais, les principaux succès de la politique de la ville ont souvent eu pour conséquence d’entraîner des départs de ces quartiers alors que, en l’occurrence, stimuler la création et le développement d’activités économiques en leur sein profiterait immédiatement et directement à ces quartiers et à leurs habitants.

Je partage donc, sans hésitation, l’objectif mentionné dans ce rapport. S’agissant de la façon d’y parvenir, il me semble effectivement que la prise de participation en fonds propres ou quasi fonds propres constitue un moyen adapté aux réalités économiques. Le recours à un fonds de capital-investissement, de la même façon, me paraît être une solution très pragmatique notamment parce que, comme le dit l’exposé des motifs, il devrait permettre, en stimulant le marché, de rassembler autour de la prise de participation de la région d’autres investisseurs.

La pleine information et la pleine transparence de la part de ce fonds, devront évidemment, ne pas être négociables. Mais je n’ai pas beaucoup d’inquiétudes là-dessus, considérant que c’est là que se situe l’intérêt de la région Île-de-France.

Une petite mise en garde, peut-être, et un appel à être vigilant concernant les entreprises en phase de création qui sont les premières visées. A ce stade de développement, le taux de défaillance est important, d’où la nécessité de bien cibler les entreprises et de bien les accompagner dans leurs projets de développement.

Un dernier mot, enfin, sur ce qui pourrait être une piste à envisager en matière de capital-investissement. L’equity crowdfunding, qui permet aux particuliers d’investir directement au capital de sociétés, est l’une des tendances fortes du financement participatif. C’est un levier intéressant pour les petites entreprises qui n’ont pas forcément accès aux acteurs traditionnels du capital-investissement comme les fonds de capital risque ou les business angels. Dans cette perspective, on pourrait imaginer une intervention de la région indirecte, par exemple en parrainant des entreprises via un système de mentoring que proposent certaines plateformes. Ce serait totalement indolore d’un point de vue financier et cela permettrait d’avoir une action complémentaire pour un objectif similaire.

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