Accueil des réfugiés : « Nous souhaitons que l’État prenne ses responsabilités et que tous les présidents de Région jouent le jeu de la solidarité »

En ouverture de la séance plénière du Conseil régional des 22 et 23 septembre, Philippine Laniesse a profité de la traditionnelle « question orale » pour interroger la Présidente de la Région, Valérie Pécresse, au sujet de l’accueil des réfugiés et des migrants demandeurs d’asile sur le territoire francilien.

Retrouvez ici l’intervention prononcée.

 

« Sur la question de l’accueil des migrants, s’il y au moins un point sur lequel nous devrions tous tomber d’accord, c’est que le statu quo n’est pas une option.

Avant toute chose, nous voulons dire qu’il est impératif de dépassionner le débat. Je vais m’arrêter sur quelques points sur lesquels notre groupe a eu l’occasion d’échanger avec la DRIHL.

–       Depuis le début de la crise migratoire, 18.000 migrants sont arrivés en IDF, qui pour la plupart ont vocation à voir leur demande d’asile aboutir.

–       Ils n’entrent pas en « concurrence » avec les personnes françaises en situation de précarité et n’occupent pas les mêmes centres. Ils ne deviennent pas non plus, une fois obtenu le statut de réfugié, prioritaires dans l’obtention d’un logement social.

–       Et il y a des collectivités qui ont accepté d’elles-mêmes d’accueillir des migrants et dans lesquelles ça se passe très bien. (Au hasard), à Pau, où près de 500 demandeurs d’asile ont été pris en charge, où la collectivité a accepté d’accueillir une cinquantaine de migrants venus de Calais l’année dernière, et a d’ores et déjà dégagé de quoi en accueillir une cinquantaine d’autres bientôt.

Je n’essaie pas de vous dépeindre une situation idyllique, elle ne l’est pas. Mais nous devons poser les bases d’un débat sain car le besoin d’agir ne va pas s’atténuer, la situation internationale ne va pas évoluer à court terme et les territoires qui sont en première ligne (19ème) ont besoin que des solutions soient apportées.

Bien sûr, des inquiétudes demeurent.

Pour nous, qui habitons l’Île-de-France, c’est une inquiétude de voir une telle concentration dans nos territoires. Ce n’est évidemment pas une situation viable car les solutions d’hébergement sont loin d’être infinies !

Et puis il y a une inquiétude qui est la nôtre en tant qu’élus, c’est que la région a très peu de marges de manœuvre ! L’Etat est l’échelon auquel quasiment tout se joue.

Pourtant, il nous est d’avis que la région n’a d’autre choix que de prendre acte de l’intensité avec laquelle elle est impactée. D’où notre démarche aujourd’hui auprès de vous.

Nous souhaiterions, Madame la présidente, que vous acceptiez d’interpeler l’Etat pour qu’il accepte enfin de jouer son triple rôle :

–       de mise en œuvre d‘une politique d’accueil globale, qui inclut la dimension européenne ;

–       de concertation, notamment en Île-de-France : en demandant au préfet de réunir les maires de manière à évoluer vers un accueil qui ne serait plus subi par les élus locaux ;

–       de répartition : pour qu’il donne des consignes claires dès l’arrivée des migrants sur le territoire et à chaque opération de mise à l’abri.

Mais, dans cette dernière tâche, l’Etat ne peut que coordonner, il ne peut pas imposer car les élus sont ceux qui connaissent le mieux leur territoire, ils ont leur mot à dire.

Aussi nous aimerions que vous acceptiez d’interpeller les autres présidents de région pour qu’ils jouent le jeu de la répartition et qu’ils manifestent avec l’Île-de-France la solidarité qui nous est due.

Je vous remercie. »

 

 

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