Aide exceptionnelle aux céréaliers : « Ce dispositif doit être inclusif de tous les types d’agriculture ! »

S’exprimant sur l’aide exceptionnelle aux céréaliers pour l’année 2017 telle que présentée par l’exécutif régional, Yann Wehrling, président du groupe CD, a affirmé « que cette aide régionale en faveur des céréaliers touchés par les récentes inondations devait être un dispositif inclusif de tous les types d’agriculture. » Pour le groupe centriste, « ce soutien ne peut se contenter de viser les semences industrielles dites certifiées comme le propose la délibération et doit s’appliquer également aux semences fermières ou auto-produites afin de laisser aux agriculteurs le choix du type de semence dont ils souhaitent faire usage dans leurs exploitations ».

Sous l’impulsion des élus MoDem de la Région, la Présidente de la Région a accepté d’amender sa proposition pour tenir compte de cet impératif.

Intervention de Yann Wehrling (seul le prononcé fait foi) :

 

« Le monde agricole va mal. Les agriculteurs vivent de plus en plus mal de leurs productions. De grandes disparités entre eux existent d’ailleurs. En cause, l’épuisement de notre modèle agricole, un système de prix mondialisé, une grande distribution qui ne joue pas le jeu, et enfin le climat. Ce système, la Région pourra t’elle le suivre ?

En effet, il est établi maintenant que la moisson 2016, contrairement à celle de 2015 qui avait été excellente, sera la plus mauvaise depuis plusieurs dizaines d’années avec une chute des rendements allant de 50 à 70%. Cette aide sera donc précieuse pour nos agriculteurs afin d’assurer une bonne récolte en 2017.

De cela nous convenons tous ici dans cet hémicycle.

Vous ne prévoyez d’octroyer ces aides qu’à la seule acquisition des semences certifiées ou semences industrielles de type R1 au motif du principe de précaution sanitaire et de préservation du capital génétique, occultant du même coup les semences fermières de type R2. Or, sur les environ 450 000 quintaux de semences de céréales utilisées en Ile de France 60% sont des semences fermières contre 40% de semences certifiées. Et jusqu’à présent cela n’a jamais posé de problèmes majeurs. A tel point que cette année le Ministère de l’Agriculture a autorisé les stations industrielles à faire des semences certifiées avec des semences de ferme (type R2) car nous sommes en pénurie de semences en Ile de France pour 2016.

Je crois, Madame la Présidente, que l’esprit de cette délibération est d’aider les agriculteurs, tous les agriculteurs et pas une partie des semenciers.

Dès lors le Groupe du Centre et des Démocrates vous propose d’accorder un montant de 20€ aux semences certifiées et de 5€ aux semences fermières. Vous rendez ainsi la liberté de choix aux agriculteurs qui n’ont pas vraiment besoin que le marché les influence sur le choix de leurs semences.

Concernant la préservation du capital génétique, les semences de deuxième génération issues de semences dites R1 ne présentent aucune dégradation génétique. Il faut plusieurs générations d’une même lignée avant de constater une dégradation du patrimoine génétique.

Par ailleurs, nous pensons nécessaire de renforcer l’impératif d’aide aux exploitations situées en Ile-de-France. Nous proposons donc que l’agriculteur s’engage sur l’honneur à semer en Ile de France et exclusivement en Ile de France, les semences pour lesquelles il a demandé de l’aide. Ensuite l’agriculteur pourra notifier sur son dossier PAC2017 les parcelles sur lesquelles il a semé ces semences aidées, rendant ainsi l’attribution de cette aide de la Région parfaitement contrôlable.

Toujours, dans le cadre d’une région vertueuse et transparente, et si la loi le permet, pourquoi ne pas publier sur le site de la Région le nom des exploitations et les montants des aides dont elles auront bénéficié.

En reprenant nos deux propositions, Madame la Présidente, non seulement vous redonnez aux agriculteurs le choix des semences qu’ils veulent utiliser et vous renvoyer l’image d’une Région responsable, équitable et transparente.

Merci. »

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