Piétonisation des voies sur berge : « Oui à la piétonisation mais pas n’importe comment ! »

Suite à la décision de la Mairie de Paris de fermer définitivement les voies sur berge pour lancer la piétonisation d’une partie des quais, la Région Ile-de-France a voté la création d’un comité régional indépendant d’évaluation de ce projet. Intervenant sur cette délibération, Pascal Giafferi, vice-président du groupe CD, a souhaité rappeler la position de son groupe en précisant que « tout en étant favorables à une pétonisation de certains axes routiers parisiens, nous soutenons la création de ce comité. Pour autant, nous appelons à ce que nous développions en bonne intelligence et sans dogmatisme une véritable stratégie de réduction des trajets domicile-travail ainsi qu’une offre de transports innovante et propre comme alternative à la voiture« .

Son intervention est à retrouver ci-dessous.

 

« Madame la Présidente,

La mise en place d’un Comité Régional d’évaluation chargé d’examiner les conséquences de la fermeture des voies sur berges à Paris nous semble une bonne chose.

Vous le savez, notre groupe est particulièrement attaché à la lutte contre la pollution de l’air. Pour autant, cette opération de piétonisation à Paris doit s’inscrire dans une réflexion globale et planifiée car elle impacte un territoire qui dépasse le seul périmètre de la ville de Paris. Elle suppose notamment que des dispositifs alternatifs soient mis en place.

Si notre groupe souhaite la piétonisation de certains axes car elle contribuerait à cette priorité qu’est la lutte contre la pollution de l’air, il faut que cette piétonisation soit cohérente et réfléchie et qu’elle tienne compte des problématiques de tous les territoires en ce qui concerne les mobilités.

La Mairie de Paris avait, jusqu’à aujourd’hui, refusé de prendre en compte les conclusions de l’enquête publique et de l’avis de l’autorité environnementale sur son étude d’impact.

Il aura donc fallu que la Région se saisisse de ce sujet pour que la municipalité accepte – une fois les berges piétonisées –  de mener un véritable travail d’étude des conséquences du projet sur la santé publique et l’environnement.

Notre groupe invite d’ailleurs la Mairie de Paris à faire le choix de rejoindre le comité d’évaluation francilien. Les voies sur berges restent principalement utilisées par des automobilistes de proche et grande couronne, ce qui justifie une évaluation régionale des conséquences sur la qualité de l’air et le bruit.

Certaines routes et certains axes routiers doivent bénéficier d’une sélectivité des véhicules les empruntant. Une offre de transport permettant aux automobilistes d’utiliser des substituts doit être mise en place, c’est d’ailleurs le sens de Votre plan 1000 bus Madame la Présidente. Des parkings doivent être construits aux entrées de Paris.

Il nous faut développer des moyens de transports  propres et novateurs (téléphériques, tram-train, autopartage, bus électrique).

Plus structurellement, je crois que nous sommes tout particulièrement dans le juste dans notre stratégie de limiter les trajets domicile-bureau.

C’est notre politique urbaine qui sera nécessairement amenée à évoluer, notamment à travers le développement économique de nos territoires et la construction de nouveaux logements permettant ainsi à de nombreuses entreprises de s’implanter et à leurs employés de résider à proximité de leur lieu de travail.

Vous l’avez donc bien compris, Monsieur le Président, nous voterons la délibération que vous nous proposez. Il conviendra cependant de veiller à ce que ce groupe d’évaluation puisse considérer l’ensemble des alternatives envisagées. C’est pourquoi nous vous proposerons un amendement intégrant des chercheurs experts dans les domaines de la santé publique, de la pollution de l’air et des transports notamment.

Je vous remercie. »

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