Philippine Laniesse : « Ne pas mentionner l’activité économique comme levier de réduction du chômage est une erreur »

A l’occasion de la présentation du rapport porté le groupe du Parti Socialiste, Philippine Laniesse a rappelé que la lutte contre le chômage en Ile-de-France était la priorité de la nouvelle majorité régionale et que plusieurs mesures avaient déjà été mises en œuvre.

« Évidemment, nous partageons l’objectif défendu par les socialistes dans cette niche.

Pour autant, plusieurs choses nous gênent.

En premier lieu, le gap entre ce que vous présentez comme étant votre démarche, et ce que l’on peut lire dans l’exposé des motifs.

Vous nous avez répété en commission, dans votre présentation à notre groupe, (+ en séance plénière aujourd’hui ?) que vous vous étiez en premier lieu souciés de vous inscrire en complémentarité des dispositifs existants, de sorte que la cohérence de la politique de développement économique et d’emploi de la région Île-de-France n’ait pas à en souffrir et que l’efficacité soit maximale. Vous nous avez répété que, sans y souscrire, vous entendiez les choix politiques qui avaient été les nôtres mais que vous estimiez que les dispositifs que vous présentez aujourd’hui étaient susceptibles d’apporter une réelle valeur ajoutée.

Pourtant, au long de l’exposé des motifs, vous vous inscrivez en faux contre tout ce qui a pu être proposé par l’exécutif actuel.

Ce décalage entre votre discours et le contenu de la niche fait craindre qu’un souci d’affichage ait précédé à sa création.

Ce souci se retrouve au sein même de vos propositions. Je donne quelques exemples.

Dans l’article 2,  la priorisation telle que vous la proposez est infaisable. Nous pouvons agir pour nous assurer que ces publics aient une parfaite connaissance des offres de stage, ce qui est en effet important, mais – sauf à mettre en place des quotas – il n’est pas possible dans les faits de mettre en œuvre cette priorisation. Vous l’avez d’ailleurs admis vous-mêmes.

Dans l’article 4, vous demandez à la région de mobiliser des crédits qui ont déjà été votés, à l’occasion du budget, à cet effet précis. Siégeant au Conseil d’administration du fonds d’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée, je vous confirme que les territoires franciliens candidats pourront s’en prévaloir. Je n’envisage pas une seule seconde que, si un territoire d’Île-de-France venait à être sélectionné, ce que je souhaite, la région revienne ensuite sur cet engagement.

En présentant de nouveau ce sujet devant l’hémicycle, sous couvert de renforcer notre soutien, vous prenez le risque de le fragiliser. Car, vous le savez très bien, la majorité a toute raison de ne pas le voter, puisque ce serait admettre que son engagement initial n’était pas assez solide. C’est pourquoi, pour éviter toute instrumentalisation, nous nous abstiendrons sur cet article, mais nous n’en approuvons pas le principe.

Et puis, dans l’article 7, vous donnez un nouveau nom à ce qui n’est rien d’autre qu’un pan ciblé du dispositif des emplois tremplin, dont nous assumons la suppression du fait de sa trop faible efficience.

Et puis, au-delà de ces aspects, j’ai un regret quant à l’approche. L’activité économique n’est jamais mentionnée comme un levier de réduction du chômage ! Parce que, il ne faut pas se leurrer, la première cause du chômage des personnes les plus éloignées de l’emploi c’est le chômage lui-même. Et que ces personnes, du fait de leur fragilité sur le marché du travail qui peut être due à plusieurs facteurs, sont les plus directement impactées par le chômage.

Et puis il y a un grand oublié dans ce rapport, ce sont les personnes les plus éloignées de l’emploi. Et oui, car les personnes les plus éloignées de l’emploi échappent à tous les radars, notamment ceux de Pôle Emploi ou des missions locales. Ce sont les fameux « chômeurs invisibles » qui ont largement augmenté ces dernières années.

Pour toutes ces raisons il ne nous est pas possible de voter pour ce rapport. En revanche, nous voterons de façon dissociée sur les articles.

Comme je vous l’ai dit nous nous abstiendrons sur l’article 4, et nous voterons l’article 1. C’est une mission qui tient à cœur à Défi Métiers – je parle ici au nom de sa présidente Marie-Christine Dirringer. Au-delà même de l’opportunité certaine d’une telle étude, il est évident que la position de Défi Métiers comme acteur de référence à la fois pour l’Etat, la région et les organismes privés en matière de diagnostic emploi-formation lui confère la légitimité pour cela. »

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