« Si la Région peut agir pour la sécurité des Franciliens, c’est avant tout à l’État de prendre ses responsabilités »

Membre de la commission sécurité, Huguette FOUCHE est intervenue sur le rapport présenté au Conseil régional du 18 novembre portant sur l’élaboration d’une convention Etat-Région relative à l’équipement de la police et de la gendarmerie nationale. Elle a notamment rappelé que malgré un besoin de sécurité grandissant et une dégradation des conditions de travail des forces de l’ordre, c’était avant tout à l’État de prendre ses responsabilités et de ne pas laisser à nos seules collectivités la charge et le financement de la sécurité de nos concitoyens.

« La sécurité aujourd’hui est réellement au centre des préoccupations des Franciliens : Délinquance, Criminalité, Terrorisme, insécurité dans les transports. Les Franciliens ne doivent plus vivre avec de telles craintes.

C’est aussi vrai pour les touristes qui font le choix de notre Région comme destination. En ce sens, le plan d’urgence pour le tourisme présenté par le vice-président Nasrou a le mérite de s’attaquer à cette problématique en tenant compte, bien évidemment, des moyens dont dispose la Région en la matière.

Le présent dispositif entend donc répondre au sentiment d’insécurité qui gagne nos concitoyens franciliens, mais aussi à améliorer les conditions de travail de nos forces de l’ordre, parfois déplorables selon les territoires. Gardons toujours à l’esprit qu’un grand nombre de nos policiers et gendarmes sont au bord du burn out, notamment parce qu’ils n’ont pas toujours les moyens matériels d’assurer leur mission dans les meilleures conditions.

Cette convention qui nous est proposée prendra effet au 1er janvier 2017 et prévoit une hausse de la participation de la Région pour des projets d’équipements immobiliers de la police nationale et de la gendarmerie nationale en Ile-de-France, allant jusqu’à 50% dans les zones prioritaires.

Enfin nous allons pouvoir privilégier et aider des quartiers qui aujourd’hui sont parfois considérées comme des zones de non droit.

Nous n’oublions pas que le patrimoine de l’État, notamment les casernes et commissariats de police a été vendu et bradé au bénéfice de projets immobiliers.

Et aujourd’hui l’État se rend compte que la proximité est primordiale pour redonner une visibilité, une efficacité aux forces de police. Que de temps perdu.

Plusieurs interrogations cependant à la lecture de cette convention.

La Région aura-t-elle son mot à dire quant au choix de l’implantation de nouveaux commissariats ?

Je suis persuadée que les élus locaux et notamment régionaux peuvent être un relais des collectivités territoriales et des Franciliens pour faire remonter à l’État les demandes et besoins de leur territoire.

Je note également à l’article 2 de la convention l’engagement de l’État d’affecter les effectifs nécessaires au fonctionnement des nouveaux équipements immobiliers, qui bénéficieront de ce dispositif.

En période Vigipirate de forte sollicitation et mobilisation de nos forces de l’ordre sur tout le territoire national, quelles sont les garanties apportées par l’Etat sur ce point de la convention ? Je vous remercie par l’avance M. le vice-président de vos éclaircissements.

Je crois aussi qu’il conviendra d’informer régulièrement notre assemblée des différentes réalisations faites dans le cadre de cette convention.

De façon plus générale, notre groupe soutient les dispositifs entrant dans le champ du bouclier de sécurité. S’il ne s’agit pas de tomber dans le tout sécuritaire, ni de sortir de notre champ de compétence, ni de sacrifier budgétairement certains secteurs au bénéfice du seul champ de la sécurité, il nous faut être réalistes et regarder les problèmes en face. Le groupe Centre et Démocrates estime qu’aujourd’hui il faut enfin agir alors que nos forces de police ont été déshabillées progressivement pendant des années.

En conclusion, nous approuvons cette convention qui va – nous l’espérons – permettre à nos forces de police et de gendarmerie d’exercer leur profession dans des conditions de travail dignes et de répondre au besoin de sécurité des Franciliens et de nos touristes.

Pour autant, nous appelons l’État à prendre ses responsabilités. L’impératif d’assurer et surtout de financer la sécurité de nos concitoyens ne serait être portée par nos seules collectivités.

Je vous remercie. »

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