Débat d’orientation budgétaire : « Notre gestion doit être rigoureuse et se combiner avec une politique d’investissement volontariste »

A l’occasion du débat sur les orientations budgétaires, Nathalie ELIMAS a rappelé que le budget 2017 devait traduire deux priorités : une gestion rigoureuse et une politique d’investissement volontariste.

Membre de la Commission des Finances, Nathalie ELIMAS a aussi évoqué les priorités du Groupe du Centre et des Démocrates pour l’année 2017.

« Merci Madame la Présidente.

Monsieur le Vice-Président,

Mesdames et Messieurs les conseillers,

Chers collègues.

Pour ce deuxième débat d’orientations budgétaires, nous connaissons les contraintes qui pèsent sur notre collectivité comme sur toutes celles qui ont vu leurs dotations diminuer dans la dernière décennie.

Un contexte qui a atteint un point de non-retour : chaque jour, la France emprunte 800 millions d’euros pour faire face à l’accroissement de la dette publique, qui représente maintenant plus de 95% de notre PIB. C’est un véritable danger pour nous et c’est surtout totalement irresponsable pour les générations futures.

Notons, de plus, que le contexte économique est défavorable, les prévisions de croissance n’étant pas plus optimistes pour l’année prochaine  qu’elles ne  l’étaient en 2016.

Cette situation est la conjugaison d’une politique menée au niveau national depuis plusieurs années et d’un contexte international défavorable. Et s’il fallait une preuve de la responsabilité première du gouvernement de François Hollande, il suffit de regarder la situation de nos voisins les plus proches, à commencer par l’Allemagne.

De ce point de vue il est à espérer que les élections de mai et juin prochains donneront une nouvelle impulsion favorable aux entreprises, aux créateurs, aux entrepreneurs qui font la croissance et la richesse de la France.

Pour ce qui concerne le contexte international, évidemment notre institution régionale n’a ni la main ni les clés pour résoudre des conflits qui nourrissent le terrorisme. Mais nous ne pouvons pas rester spectateurs de la crise que traverse le secteur du tourisme, durement affecté par la vague d’attentats.

Mais, par l’action et la recherche de solutions qui caractérisent le nouvel exécutif, nous pouvons agir, afin de relancer le tourisme et de convaincre les visiteurs étrangers de choisir la destination de l’île de France.

De ces contraintes, nous devons aussi tirer plusieurs leçons.

A commencer par prendre conscience que nous devrons à l’avenir, pas seulement nous, mais l’Etat et ses collectivités, faire mieux avec moins.

Le temps des cigales est derrière nous et j’ai envie de dire qu’il était temps car notre pays, qui connaît la plus haute pression fiscale et sociale des pays développés, a réussi le double exploit d’avoir un des plus mauvais taux de chômage et de croissance d’Europe.

De tout cela,  ressort une évidence incontestable et difficilement discutable.

Pour retrouver de la croissance, nous devons baisser la pression et donner de l’oxygène aux citoyens qui veulent créer de la richesse.

C’est aussi le sérieux budgétaire, et,  pour ce qui nous concerne, la recherche systématique d’une meilleure efficacité de la dépense publique.

Mais sérieux et économies ne signifient pas repli !

Cette gestion rigoureuse doit continuer à se combiner avec une politique d’investissement volontariste.

Nous le devons aux contribuables et nous le devons aux usagers. Non pas en faisant des coupes-sombres, en taillant à la serpe et à l’aveugle, mais en nous fixant un cap et des priorités.

Nous devons recentrer l’action du Conseil régional sur ce qui constitue le cœur de ses compétences et de son expertise, Il nous faut d’abord lutter contre le chômage en favorisant le développement économique, en soutenant la création d’entreprises, en aidant les créateurs et les chercheurs, en faisant de la formation professionnelle un véritable passeport pour l’emploi tout au long de la vie.

Il nous faut aussi garantir aux franciliens des transports en commun digne de la région capitale ! Je parle là de transports efficaces et durables.

Le budget 2017 marquera plus que jamais la priorité accordée aux transports franciliens, pour rattraper des années de retard. La région pourra compter sur de nouvelles recettes accordées par le Gouvernement au STIF pour la pérennisation du passe Navigo à tarif unique et le financement de nouveaux investissements. Les milliers de franciliens bloqués sur les quais du RER B après une rupture de caténaire, et dans la Gare du Nord suite à une panne d’électricité, ont pu constater le peu d’effort qui avait été consenti ces dernières années à la maintenance de nos infrastructures.

Alors oui, avec vous, nous appelons à l’accélération des mesures prises en 2016  car une région tournée vers l’avenir, une région qui attire c’est d’abord une région des mobilités durables. Nous resterons attentifs à ce que ces investissements correspondent à la stratégie de réduction du risque de pollution de l’air.

Sur tous les champs qui sont de sa compétence, l’Exécutif fait le choix de poursuivre l’investissement et donc de l’ambition.

Ainsi 2017 sera marquée par le lancement du nouveau plan de construction et de rénovation des lycées franciliens.  Nous le constatons en siégeant dans les conseils d’administration des lycées : les attentes sont grandes et elles sont légitimes.

Nous devrons accélérer les efforts d’adaptation du monde rural aux nouveaux leviers de croissance : le développement durable, le numérique et les services. L’aide au pôle Abiosol, qui œuvre à l’installation de producteurs de l’agriculture biologique, devra donc être pérennisée en 2017 et continuer de progresser. L’agriculture biologique constitue le secteur alimentaire qui connaît la plus forte progression. Nous devons soutenir les agriculteurs qui s’engagent dans cette voie respectueuse de l’environnement.

Nos efforts en matière de logement devront être poursuivis car le droit de se loger est l’une des premières garanties sociales de notre République. Personne ne devra être laissé de côté. Nous soutiendrons aussi les efforts qui seront faits pour améliorer la résilience sanitaire et sociale de notre territoire : lutte contre les déserts médicaux, prévention santé jeunes et lutte anti-SIDA.

Enfin, ce DOB est pour nous l’occasion de rappeler le dernier rapport de la Chambre régionale des comptes sur la Gouvernance francilienne publié en mai dernier. Elle recommandait davantage de transparence et d’améliorer la gestion budgétaire en évaluant la performance des politiques publiques régionales. Nous aurons à cœur de vous suivre dans cette direction.

Pour conclure Madame la présidente, mes chers collègues, nous le voyons bien à l’aube de ce nouveau budget, chaque euro compte. De ce point de vue nous ne manquerons pas de regarder du côté de l’Europe  dont les fonds d’investissement nous aideront à améliorer la qualité des services publics franciliens.

Ces restrictions ne doivent pas paralyser l’action mais au contraire inciter la région à réexaminer le bien-fondé de ses dépenses, à les redéployer vers les politiques utiles aux franciliens et à la croissance économique. La contrainte financière doit nous  inciter à continuer d’apporter les changements dont notre Région a besoin. »

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