« Le nouveau CPER doit être l’occasion d’investir dans les transports franciliens en nous projetant vers l’avenir »

Conseil régional des 14 et 15 décembre 2016. Intervenant sur le nouveau Contrat de plan Etat/Région 2015-2020, Pascal GIAFFERI, vice-président du groupe MoDem, a appelé à ce que les nouveaux investissements dans le secteur des transports soient résolument tournés vers l’avenir afin d’anticiper l’arrivée des nouvelles mobilités propres et autonomes.

« Madame la Présidente,

Le contrat de Plan Etat Région est une action concertée avec l’Etat. Et plus que jamais, à l’heure de moyens budgétaires durablement contraints, l’exercice a vocation à se consolider car nous avons le devoir de dépenser moins et donc dépenser mieux.

Le volet « transport » est évidemment, comme souvent dans les CPER, d’un poids financier considérable. Nous approuvons évidemment pleinement les investissements prévus sur tous les projets de transports en commun : Eole, tram T9 et T1, tram-train Massy-Evry sont autant de projets qui répondront à l’urgence d’une amélioration de l’offre.

L’Etat et la Région Île-de-France ont décidé d’augmenter leurs investissements de 60M€, à parts égales, dans les projets routiers du CPER. Cela signifie une dépense supplémentaire de 30M€ de la Région en faveur de la construction de routes au titre du CPER d’ici 2020. Les investissements sont très ciblés

– le contournement de Roissy. Le financement régional passe de 36,5M€  à 52,5M€

– les voies auxiliaires à l’A4 et de l’A86

– l’aménagement du carrefour de Bel Air à St-Germain-en-Laye (croisement RN 184 et RN 13).

Au-delà de ces projets, permettez-moi de redire ici quelle est notre vision de l’investissement dans les routes en Ile de France.

Nous continuons d’attirer votre attention sur la nécessité de penser ces investissements en se projetant sur les routes du futur. Ces routes, comme vous l’avez souvent développé, sont des chemins de mobilité au même titre que le rail. Mais nous le savons aussi, demain, nous serons obligés d’être sélectifs dans l’usage des routes. Le temps de la voiture symbole de liberté individuelle n’est malheureusement plus compatible de nouveaux impératifs collectifs. Nous n’avons en effet plus beaucoup d’options si nous voulons répondre à l’intérêt général des enjeux d’engorgement, de pollution de l’air et de pression sur le foncier.

Face à cette situation dont la plus urgente concerne le scandale sanitaire de la pollution de l’air, nous devons imaginer des routes qui, demain, auront des axes réservés. Réservés pour des lignes de bus rapide. Réservés pour des véhicules peu polluants disposant de la nouvelle vignette CRIT air, réservés pour des voitures qui ont au moins 3 passagers, réservés pour des voitures en libre-service (en autopartage ou autolib). Il nous faudra aussi imaginer les routes de demain qui seront empruntées par des voitures autonomes sans chauffeur. Ce sont des révolutions modernes considérables qui vont changer profondément notre relation à la voiture individuelle et à la route. En somme, madame la Présidente, sur les routes, résolument, nous vous invitons à avoir un temps d’avance et être dans une très forte prospective avant tout investissement.

Je souhaiterais également faire une seconde remarque au sujet de la révision du volet interrégional relatif à la Vallée de la Seine

Pour l’Île-de-France, la révision du volet interrégional a pour vocation d’assurer le financement de l’écluse de Méricourt, en piteux état, par redéploiement de crédits initialement inscrits au volet régional.

La Région apporte ainsi 8 M€ supplémentaires permettant de réaliser 20M€ de plus sur les lignes modernisation des écluses.

La Région Île-de-France s’est engagée dans le projet de Canal Seine Nord de 110M€ (sur un coût total de 4,5 milliards d’euros).

Ceci permettra de renforcer l’attractivité économique des Hauts-de-France et de favoriser un transport propre de marchandises depuis les ports d’Anvers et de Rotterdam.

Cela ne doit cependant pas se faire au détriment de la compétitivité du Port du Havre. Près de 50% des conteneurs à destination de la France passent par les ports d’Europe du Nord, contre 20% au début des années 1990. L’Île-de-France doit continuer à investir sur l’Axe Seine pour s’assurer le développement du second port français en nombre tonnes.

La révision du CPER interrégional, et le financement du réseau fluvial, nous permet de vous dire, Madame la Présidente, tout l’attachement de notre groupe à l’axe Seine et au transport fluvial, alternative écologique au transport des marchandises par voie fluviale.

Je vous remercie. »

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