Offre de logement en IDF : « La Région doit faire bouger les lignes, donner de la souplesse et imposer une simplification »

Séance plénière du Conseil régional du 26 janvier 2017. La Région Île-de-France devait se prononcer sur le projet de schéma régional de l’habitat et de l’hébergement (SRHH). L’occasion pour Charlotte BAELDE de rappeler que la Région devait s’attaquer à la pénurie de logement en IDF, mais aussi au mal logement et aux difficultés d’accès pour les publics les plus précaires.

 

« Madame la présidente,

Monsieur le vice-président,

Mes chers collègues,

Depuis le premier juillet 2014, la mise en cohérence des politiques de l’habitat et de l’hébergement a été confiée à un Comité régional dont la Région est membre, aux côtés des représentants de l’Etat, des départements, de la métropole, des communes et de leurs groupements ainsi que des professionnels et des représentants d’associations.

Une mise en cohérence qui, en Île de France, est fondée sur un diagnostic partagé de longue date, caractérisé par une crise profonde. Il manque sans doute plus de 250 000 logements ; 956 000 personnes seraient en situation de « mal logement » en Île-de-France, soit 8 %. Ce chiffre inclut plus de 800 000 personnes dans des logements très inconfortables ou en sur-occupation forte. 89 % des ménages franciliens sont éligibles à un logement social. En termes d’hébergement : 80 000 personnes sont hébergées chaque jour par l’Etat, le nombre de places d’urgence par l’Etat ayant quasiment doublé par rapport à 2011. Pour résumer, et je reprends les termes du CESER, l’offre de logements ne répond pas aux besoins de tous les Franciliens ; l’offre d’accueil et d’accompagnement peine à répondre aux besoins des personnes défavorisées ou en situation d’exclusion ; et la qualité de l’habitat et du cadre de vie est très disparate sur le territoire francilien.

Un diagnostic partagé mais surtout rappelé et rabâché année après année sans que rien ne bouge vraiment, sans aucune remise en questions des politiques mises en œuvre par tous les gouvernements successifs et dont il faut bien constater l’échec. D’après mes informations, le prochain rapport de la fondation Emmaüs à paraitre à la fin du mois va dresser le même constat : en matière de mal-logement rien n’a vraiment bougé. Vous avez donc parfaitement raison madame la présidente, d’avoir émis des réserves sur ce schéma, non seulement sur une partie des objectifs fixés, dont certains sont  irréalisables, mais aussi sur certains chiffres, je pense à ceux de la construction effective de logements frappés d’un optimisme confondant. Et vous avez eu raison madame la présidente de vouloir casser le ronron habituel qui aboutit à ne jamais rien changer même si ça ne marche pas. Votre conviction qui est une conviction que nous partageons, est qu’il faut faire bouger les lignes, donner de la souplesse et imposer la simplification. Raison de proposer une approche plus équilibrée entre le parc privé et le parc social ; raison de vouloir libérer tous les leviers de la construction et favoriser en particulier l’accès au foncier disponible ; raison de promouvoir le développement de logements sociaux intermédiaires ; et raison aussi de rappeler le partage des missions entre la Métropole et la Région.

Nous vous apportons donc notre soutien.

Je vous remercie. »

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