Le MoDem propose à l’assemblée régionale un plan de valorisation et de défense du petit patrimoine francilien !

A l’occasion de la séance plénière du Conseil régional des 9 et 10 mars, Béatrice LECOUTURIER a présenté le plan de valorisation et de défense du petit patrimoine francilien porté par le groupe MoDem. Pour la présidente de la Commission éducation « la protection et la valorisation du patrimoine régional n’est pas un luxe superflu. Elles s’inscrivent dans la consolidation du lien social, dans la construction de la mémoire collective sans oublier les retombées économiques du secteur en termes d’emploi, de tourisme, d’artisanat, du bâtiment, et de la promotion internationale de nos savoir-faire d’excellence. La Région se doit donc de développer une politique ambitieuse, inventive, participative, en faveur de ce patrimoine parfois en grand danger. »

Retrouvez l’intégralité de son intervention et le rapport soumis au vote de l’assemblée régionale :

« Madame la présidente,

Mes chers collègues,

La région Ile de France, région capitale, a toujours été porteuse de grands mouvements architecturaux et culturels qui ont laissé des traces profondes sur son territoire.

Notre territoire est riche d’un patrimoine culturel exceptionnel.

Il est riche de ses 4 sites classés par l’UNESCO à savoir Versailles, Provins, Fontainebleau et les rives de la Seine à Paris ;

Il est riche de ses 4000 édifices classés au titre des monuments historiques ;

Enfin, il est riche de ses centaines de bâtiments, de chapelles, de maisons rurales, de fontaines, de lavoirs, de vieilles halles, bref, de tout ce patrimoine qu’aime à qualifier Maeterlinck de « trésor des humbles », et qui constitue ce petit patrimoine et dont nous allons parler dans ce rapport.

La procédure de classement ou d’inscription aux monuments historiques est souvent trop lourde et en général surdimensionnée pour ces témoins du passé mais qui s’intègrent néanmoins dans le paysage quotidien des franciliens très attachés à leur identité régionale.

Il existe une image culturelle très forte en Ile de France, d’ampleur mondiale dont chacun se sent redevable et qu’il convient de protéger.

Il s’agit de protéger tout un patrimoine hérité de notre histoire qui fait la fierté et l’identité de nos villages, de nos campagnes, de nos quartiers et de nos paysages pour le transmettre aux générations futures.

La protection du patrimoine n’est pas un uniquement un luxe superflu ou un caprice d’admirer des trésors du passé.

Non. Cette préservation s’inscrit pleinement dans la consolidation du lien social, dans la construction de la mémoire collective sans oublier les retombées économiques du secteur en termes d’emploi, de tourisme, d’artisanat et du bâtiment.

La protection du patrimoine c’est une économie majeure qui prend tout son sens dans notre région 1ère destination touristique mondiale.

Une étude récente révélait qu’un euro investi dans le patrimoine, c’était 10 euros de retombées pour l’économie régionale.

La protection et la valorisation patrimoniale sont donc des atouts maitres et une vitrine exceptionnelle de notre savoir-faire d’excellence.

Il faut ajouter à cette vision de dynamisme économique un véritable intérêt porté par les franciliens à leur patrimoine régional.

Nous voyons donc que chaque francilien se sent un peu le propriétaire moral de ce beau patrimoine régional.

Chaque échelon local, ville, département, région participe également à la sauvegarde de très nombreux édifices non classés.

Mais malgré ces nombreux moyens et bonnes volontés mis en œuvre, le petit patrimoine reste clairement en danger.

En France, depuis 50 ans, ce sont 1/5è des édifices représentant un intérêt culturel qui ont disparu et faut-il rappeler le désengagement de l’Etat avec 20% de crédits en moins depuis 2011 …

Même si la région a compétence pour la gestion de son patrimoine classé et non classé, il convient d’avoir une démarche de protection modernisée et revisitée de cette gestion.

En effet, la région constitue l’échelon pertinent d’action pour soutenir les citoyens qui souhaitent s’engager pour la protection de leur patrimoine de proximité.

Le présent rapport a pour objet de mettre le numérique au service du petit patrimoine par la création d’un portail cartographique permettant aux citoyens de faire connaître leurs projets de rénovation d’un petit patrimoine et de lancer des campagnes de financement participatif.

Les nouvelles technologies viennent en appui et au secours d’un patrimoine multi centenaire ou plus récent.

Nos propositions s’organisent autour de 3 axes principaux :

 

  • Le premier est d’encourager l’engagement citoyen pour la défense du petit patrimoine

55% des Français se déclarent prêts à consacrer du temps à la protection, à l’entretien et à la valorisation du patrimoine.

Nous souhaitons donc la création d’une plateforme numérique interactive qui puisse recenser régulièrement l’ensemble du patrimoine francilien en particulier le petit patrimoine, et permettre aux citoyens de renseigner des actions de valorisation comme l’organisation d’évènements, des recherches historiques collaboratives. Le travail effectué par l’Inventaire sera un ainsi mieux valorisé et enrichi.

Un véritable wikipédia citoyen du petit patrimoine en quelque sorte ou chacun alimentera, ou rectifiera le cas échéant en information cette plateforme.

Ce portail sera aussi une porte d’accès pour les professionnels du tourisme en facilitant l’accès à l’inventaire régional de 2004 qui répertorie le patrimoine bâti francilien.

Cette plateforme numérique serait aussi un portail de participation financière en lançant des actions de crowdfunding ou financement participatif pour la préservation du patrimoine.

De petites sommes peuvent aboutir à de grands projets.

Nous souhaitons que les actions de financement participatif soient valorisées et bénéficient d’un soutien amplifié de la région afin d’encourager l’engagement citoyen comme cela se fait déjà en Bretagne et Pays de Loire.

Toutefois, nous restons prudents et responsables puisque cette opération s’inscrit dans un budget constant. La prochaine révision de la délibération cadre sur la rénovation du patrimoine sera l’occasion de préciser les intentions de la région.

Donc 1er axe, encourager l’engagement citoyen.

  • Le 2ème axe serait la valorisation du patrimoine non protégé

 Les attentats qui ont frappé notre pays ont eu comme conséquence directe la baisse de la fréquentation des grands sites comme la Tour Eiffel ou Versailles.

Il convient à présent d’envisager un nouveau tourisme régional qui sorte des sentiers battus.

La création d’un label « Capitale régionale du patrimoine » sera décerné chaque année à une ville francilienne pour récompenser la valorisation d’un patrimoine trop méconnu mais dont la valeur locale est importante.

Cette valorisation se ferait également à l’occasion des journées européennes du patrimoine en encourageant en particulier les lycéens à y participer en visitant des sites locaux proches de leur établissement.

Et pourquoi aussi ne pas imaginer la participation de lycéens à des chantiers de rénovation d’un site ?

 

  • Le 3è axe enfin serait le développement des retombées économiques et sociales de la protection du patrimoine dans notre région.

Comme je vous le disais précédemment, une étude révèle qu’un euro investi dans le patrimoine, ce sont 10 euros de retombées économiques pour la région.

La conservation et la rénovation du patrimoine constitue un vivier important d’emplois durables et non délocalisables.

Cette activité sollicite de nombreux métiers d’art souvent délaissés par les jeunes en formation et en apprentissage.

Pourtant l’Ile de France est bien le plus beau creuset pour exprimer et développer ces métiers d’art.

Ce rapport vise à revaloriser et à développer la filière de ces formations professionnelles en proposant de création d’un campus des métiers d’art, en réalisant un diagnostic des formations de ces métiers et en augmentant le financement régional des structures d’IAE (Insertion par l’activité économique)

Le remontage de la flèche de la Basilique de st Denis par un chantier école montre toute la force et l’intérêt de la rénovation du patrimoine pour l’insertion des personnes éloignées de l’emploi.

Enfin, un partenariat de la région Ile de France avec la Fondation du Patrimoine permettrait de bénéficier du savoir- faire de cette fondation en matière de financement participatif afin de mobiliser le mécénat des entreprises et des particuliers pour le petit patrimoine rural.

Ce rapport vous montre combien le numérique peut venir en aide au patrimoine, combien la modernité peut s’allier avec le passé.

Ce projet participatif citoyen sera aussi l’occasion pour les franciliens d’aller à la rencontre de leur patrimoine le plus proche, le plus familier, le plus attachant.

Ce sera aussi l’occasion pour eux de participer, chacun à sa façon, à sauver leur patrimoine, leur histoire.

Je vous remercie. »

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