« Le déclin de la biodiversité en Ile-de-France n’est pas inexorable »

Didier Dousset, président de la commission environnement du conseil régional d’Ile-de-France, intervient sur la création de l’Agence Régionale de la Biodiversité d’Ile-de-France, première du genre en France.



« Madame la Présidente,

Monsieur le Vice-Président,

Monsieur le Président,

J’aimerais tout d’abord vous féliciter pour votre action et votre engagement qui nous permettent, cher Bruno, d’annoncer la création de la première agence régionale de la biodiversité en France.

Et c’est bien naturel : notre territoire fortement urbanisé fait face à des enjeux cruciaux de biodiversité. Le dernier panorama publié par NatureParif en faisait état : en 13 ans l’Île-de-France a perdu 1 oiseau sur 5 et 1 papillon sur 10.

La principale cause est connue, l’agrandissement des parcelles agricoles, qui couvrent près de la moitié de la superfice de la Région, conduit à réduire le nombre de haies, de bosquets et de mares qui constituent le premier habitat de la faune sauvage. Nous plaiderons donc pour que les orientations du prochain pacte agricole régional entrent en cohérence avec les actions de la nouvelle agence régionale de la biodiversité.

Cette dégradation n’est pas inévitable : nous voyons déjà que lorsque les responsables politiques agissent, les résultats sont au rendez-vous. En seulement quelques années d’application des nouvelles normes phytosanitaires par les services voiries et espaces verts des collectivités, la flore a progressé de 90% en zone urbaine. Ces interstices de verdure qui se développent dans nos villes grâce aux soins des agents municipaux constituent des sources de biodiversité favorable à l’amélioration des conditions de vie et complètent les trames vertes et bleues constituées depuis la loi de 2009.

L’ARB sera un véritable atout de notre région car nous permettra de faire encore plus que ne faisait NatureParif. Elle verra ainsi ses moyens d’action renforcés sur la mise en place de mesures de compensation des atteintes à la biodiversité, la gestion des aires protégées et la formation des acteurs régionaux de la biodiversité.

Son action internationale connaîtra également une nette amélioration. Il est évident que le sujet de la préservation de la biodiversité ne saurait être traité qu’à l’échelle locale. Les questions de pollution et protection des espèces dépassent les frontières et nécessitent que les acteurs publics se coordonnent.

La biodiversité offre de nombreux bienfaits fondamentaux aux humains, qui vont au-delà de la simple fourniture de matières premières.

La perte de biodiversité a des effets néfastes sur plusieurs aspects du bien-être humain, tels que la sécurité alimentaire, la vulnérabilité face aux catastrophes naturelles, la sécurité énergétique et l’accès à l’eau propre et aux matières premières. Elle touche également la santé, les relations sociales et la liberté de choix.

Nous vous faisons toute confiance, mon cher Bruno, pour mener à bien ces nouvelles missions et tirer tout le profit du potentiel écologique et économique de la protection de la biodiversité. Il s’agit maintenant d’ancrer la nouvelle ARB dans le paysage des acteurs environnementaux et lui conférer une assise à la hauteur des ambitions affichées. Ce travail de longue haleine promet néanmoins d’être passionnant. La rédaction de la prochaine stratégie régionale de la biodiversité, dont la nouvelle ARB devra nécessairement devenir la pierre angulaire, en sera l’occasion.

Bon courage ! »

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