« Nous mesurons la pertinence dans l’élaboration de ce nouveau schéma pour le développement du tourisme »

Charlotte Baelde est intervenu au nom du groupe CD sur la présentation du nouveau schéma régional du développement du tourisme et des loisirs



« Madame La Présidente,

Madame La Vice-Présidente,

Chers collègues,

Ce rapport intervient à l’issue d’une réflexion d’un an autour du nouveau schéma régional de développement du tourisme et des loisirs pour une convention de 2017 à 2021, nous devons ainsi souligner les nombreuses concertations réalisées par l’exécutif auprès des acteurs de cette filière pour créer un plan opérationnel qui réponde au mieux aux attentes et préoccupations de chacun.

Nous mesurons l’importance de l’élaboration de ce nouveau schéma pour la première destination touristique au monde tant sur un plan légal mais aussi et surtout pour les retombées économiques qui découleront de cette stratégie.

Avec 46,7 millions de touristes français et internationaux et 172,6 millions de nuitées hôtelières en 2015, l’Île-de-France est sans conteste la principale destination touristique française et l’un des hotspots mondiaux. Elle doit son succès à la richesse et à la diversité de son offre patrimoniale, culturelle et touristique ainsi qu’à l’imaginaire qu’elle véhicule. Mais après les dures épreuves de l’année 2015 et une tendance de long terme consistant à se reposer sur ses fondamentaux, la destination Paris Île-de-France doit aujourd’hui relever de nombreux défis et s’adapter à un contexte évolutif dont les modifications seront durables. Ces changements peuvent être perçus comme des tremplins pour moderniser l’offre, la diversifier, l’adapter aux nouveaux besoins des visiteurs et permettre de valoriser des sites insuffisamment reconnus.

Alors que le précédent schéma avait pour souhait de mettre en avant le développement d’un tourisme vert, responsable et durable, nous sommes forcés de constater le bilan en demi-teinte de ce schéma à l’instar d’un des principaux motifs d’insatisfaction des touristes pointant le manque de propreté de notre région.

La sécurité, le rapport qualité-prix, le multilinguisme et la qualité des transports et de l’accueil, autant d’insatisfactions évoquées par les touristes, qui s’expliquent par la montée du terrorisme, l’émergence de nouvelles zones de tourisme international, le manque d’intégration d’un « parcours client » et des nouvelles technologies dans l’offre touristique aujourd’hui.

Ce schéma doit être un nouveau point d’ancrage dans notre stratégie touristique et économique, permettant de poursuivre les efforts de reprise de ce secteur après les impacts de la vague de terrorisme en 2015. Selon l’IAU, le tourisme pèse 7% du PIB francilien, cette vitrine économique doit nous permettre de garantir notre place de destination leader à l’international face à la montée de la destination chinoise, devenue 4ème pays d’accueil pour le tourisme international après la France, les Etats-Unis et l’Espagne.

Pour atteindre les 100 millions de touristes internationaux dès 2020 en France, il nous faut un schéma régional de développement du tourisme et des loisirs innovant, pertinent et ambitieux. Ce plan est fondé sur deux grands piliers : la transversalité et l’orientation client  et se développe dans 3 axes de travail essentiels : le renforcement de la qualité de l’offre existante, le soutien aux dynamiques d’innovation, de transformation numérique en cours ou à créer et enfin l’accroissement de la mobilisation collective au service du développement du tourisme et de l’efficacité de l’action.

Ce plan s’attache également à la continuité de la mobilisation des différents outils et instruments régionaux dont nous disposons :   le Fonds régional pour le tourisme, le Comité régional pour le tourisme, les politiques régionales qui contribuent à l’amélioration de la qualité de l’offre ainsi que les sites web et applications mobiles nouvelles mises en place. Des outils qui s’inscrivent dans le temps pour mettre en place une stratégie durable, gage de réussite.

Ce schéma régional nous propose des actions aux objectifs cohérents et importants dont nous pourrons mesurer la portée à travers des indicateurs de suivi et de résultats, assurant le contrôle et induisant l’obligation de résultats pour chacune d’entre elles.

Parmi ces mesures, nous nous réjouissons d’y retrouver la proposition des volontaires du tourisme, qui permet d’apporter une expérience professionnelle valorisante aux jeunes volontaires tout en assurant  l’amélioration de la qualité d’accueil sur de grands sites touristiques franciliens.

Autre sujet essentiel de ce schéma, la formation. Au-delà d’un pôle spécifique de formation prévu dans le cadre du Cluster Tourisme du Val d’Europe, nous avons surtout la volonté d’intensifier l’effort de formation des acteurs du tourisme via le Campus des Métiers et des Qualifications de l’économie touristique et le souhait de voir émerger une école de tourisme de haut niveau dans l’esprit de la célèbre et renommée école de tourisme de Lausanne.

Dans notre région capitale, nous pouvons également saluer une initiative essentielle, qui avait été jusqu’à aujourd’hui peu mise à l’honneur celle de renforcer l’accompagnement régional en faveur du soutien au tourisme d’affaires. En appuyant la mise en œuvre du contrat filière « rencontres d’affaires et événementiel », nous pourrons conserver le leadership de Paris Île-de-France et renforcer sa compétitivité.

Alors que les touristes asiatiques sont les plus dépensiers lors de leur voyage, ils font également partis des touristes les plus sujets aux violences et vols, victimes de préjugés sur leur transport de fortes sommes en liquide. La mise en œuvre d’une politique sécuritaire tout au long des parcours des touristes en Ile-De-France est une nécessité pour permettre à chaque touriste de se déplacer en toute sérénité.

Autre outil manquant dans notre offre touristique régionale, nous n’avions pas d’offre couplant un titre de transport et une offre touristique comme cela existe à Londres… grâce au Citypass proposé dans ce rapport, l’Île-de-France se dote d’un outil attractif et simplifie la mobilité des touristes.

Ces quelques exemples de mesures exposées dans ce rapport mettent en avant la pertinence et la recherche d’actions concrètes touchant directement le touriste comme consommateur.

Celles-ci démontrent la volonté de renforcer la qualité des offres touristique et des îles de loisirs et de les ouvrir à la culture, de développer leur accessibilité et d’y renforcer la sécurité.

Attention toutefois, les différentes propositions comme celle de la sécurité, ne peuvent se faire sans un travail main dans la main avec l’Etat et le Ministère de l’Intérieur, qui eux seuls pourront mettre en place de nouveaux commissariats mobiles.

Nous saluons également le souhait de rationaliser les structures de tourisme, nombreuses et parfois peu efficaces sur leur territoires, par le Syndicat du Tourisme francilien, mais attention toutefois à ne pas multiplier les organismes plutôt que les rationnaliser.

Pour conclure nous portons un point de vigilance sur cette problématique nouvelle de la cohabitation entre touristes et locaux. Dans de plus en plus de villes touristiques, Barcelone, Amsterdam ou Venise par exemple, des mouvements populaires de locaux qui ne supportent plus le tourisme de masse, la disparition de la vie de quartier et des commerces ou bien de ne plus avoir comme voisins que des logements AirBnB. Le tourisme est une activité essentielle, il faut la soutenir, mais il ne doit pas être source de préjudices pour les franciliens dans leur vie quotidienne.

Je vous remercie »

 

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