Notre feuille de route

Notre groupe s’est fixé, dès le début du mandat, une feuille de route pour les six années qui s’ouvrent. Elle rappelle nos objectifs et notre ligne de conduite.

Constitué de nouveaux élus au Conseil régional d’Ile-de-France, notre groupe du Centre et des Démocrates aura contribué au renouvellement des équipes. Tous ancrés dans la vie citoyenne, tous avec une activité professionnelle et un ancrage de terrain qui nous maintiennent en contact avec les préoccupations quotidiennes des franciliens que nous devrons représenter, nous voulons apporter dans la nouvelle majorité, à laquelle nous participons, le changement des habitudes et postures.

CHANGER LES HABITUDES ET LES POSTURES

Changer les habitudes, ce sera cesser de penser qu’une bonne politique est une politique dotée de budgets chaque année plus importants. Devenir sobre et modeste dans l’usage du denier public. Rechercher l’efficacité dès le premier euro investi. Investir prioritairement les domaines clés des compétences de la Région et répondant aux urgences essentielles des Franciliens. Durant ce mandat, nous voulons contribuer à faire du Conseil régional une institution qui réponde à ce qu’attendent les franciliens : des réponses précises aux problèmes quotidiens sur lesquels la Région peut agir.

Notre groupe prendra évidemment toute sa part dans ces chantiers que nous estimons prioritaires pour notre groupe durant cette mandature.

Au-delà du quotidien du travail des conseillers régionaux, séances plénière après séance plénière, cette feuille de route, qui sera régulièrement actualisée au cours de cette mandature, répond à la question du rôle d’un groupe politique au sein d’une assemblée. A la différence d’un groupe de l’opposition, nous avons la chance d’être une composante de la majorité, et donc en capacité de mettre en oeuvre nos idées. Nous serons donc une force de proposition.

PREMIÈRE PRIORITÉ : DÉVELOPPER L’APPRENTISSAGE

La première de nos priorités, en amont des actions à conduire pour l’emploi, sera celle de l’apprentissage, compétence forte de la région. Trop déconsidéré par les parents et les jeunes, elle l’est malheureusement aussi par les entreprises. La complexité des dispositifs, les mesures absurdes comme celle d’en interdire l’accès aux plus de 25 ans, des formations trop souvent peu en adéquation avec les demandes des entreprises, des temps dédiés en entreprises mal adapté aux réalités de l’entreprises, des entreprises qui finissent par se lasser des lourdeurs administratives et réglementaires… bref, la liste est longue.

Nous allons y travailler et utiliser nos moyens pour mieux identifier les vrais blocages, rencontrer les multiples acteurs et protagonistes, analyser au mieux ce qui fait que le succès est au rdv dans des pays comme l’Allemagne ou la Suisse, et faire, tout au long du mandat, des propositions d’améliorations, à la fois celles qui sont dans le champ des compétences directes de la région mais aussi émettre des suggestions d’évolutions des dispositifs réglementaires qui dépendent de décisions à prendre au niveau du législateur. A ce titre, nous aurons évidemment le calendrier de 2017 à l’esprit pour mettre au débat des élections présidentielles et législatives les évolutions que nous estimons indispensables.

L’enjeu est évident et c’est au cœur de notre idée : une grande partie des potentiels en emploi sont dans les entreprises de petite et moyennes tailles, c’est-à-dire celle qui accueillent les apprentis. Du côté des jeunes (et des moins jeunes car au fond, rien ne nous interdit d’envisager qu’on puisse se réorienter vers l’apprentissage d’un métier à tout moment tout au long de sa vie), cette filière doit retrouver ses lettres de noblesses. Il faut arrêter de mettre sur un piédestal les filières générales et continuer d’alimenter cette idée que l’apprentissage est une orientation pour ceux qui sont en échecs ou issus de milieux sociaux défavorisés. En tout état de cause, c’est un grand gâchis, de talents, d’envies, de vocations… et d’argent public auquel nous voulons mettre un terme.

SECONDE PRIORITÉ : AMÉLIORER LA QUALITÉ DE L’AIR

Seconde priorité : l’air. C’est LE sujet de santé et d’environnement majeur ici dans notre région. La paralysie des pouvoirs publics dans ce domaine est elle aussi consternante. Comme pour l’apprentissage (et tant d’autres domaines), c’est l’enchevêtrement des compétences, la multiplicité des intervenants, et la complexité administrative et règlementaire qui en découle qui est la cause principale du problème. C’est d’autant plus grave que la conséquence c’est de jouer avec nos poumons, notre santé, notre espérance de vie. Rien de moins !

Nous pensons, en premier lieu que c’est la Région qui est le bon niveau pour agir. La ville de Paris pourra toujours jouer au meilleur élève de la classe, il n’en demeure pas moins que sans une action concertée à l’échelle régionale, les résultats ne peuvent être au rdv… cela d’autant plus qu’à Paris l’offre de transports en commun est la plus forte et que les habitants sont pour la moitié d’entre eux sans véhicules. Quant à l’Etat, lui non plus ne peut pas agir seul dans son coin en définissant, de manière expéditive, seul, son plan de prévention pour l’air.

Bref, ce en quoi nous croyons, c’est qu’il faut un plan régional pour l’air co-signé par toutes les parties prenantes : Ville de Paris, Région, Etat, Départements et… pourquoi pas la métropole si elle finit par voir le jour (ce qui reste à prouver).

Ce sont aussi d’autres acteurs qui devront s’engager dans un tel plan car agir pour réduire la pollution de l’air, les entreprises le peuvent en agissant sur les déplacements de leurs salariés, en investissant dans la rénovation énergétique de leurs bureaux et bâtiments. Les professionnels du bâtiment ont une responsabilité. Les filières des transports (automobiles et transports en commun)… et bien évidemment les associations et chaque citoyen. Pour les fins connaisseurs, ils auront repéré là que la méthode est proche de ce que le Grenelle avait fait. Réunir tous ceux qui peuvent agir et décider, y compris hors des pouvoirs publics, pour construire des compromis cosignés par tous.

Notre groupe s’investira donc dans ce projet de construction d’un tel plan et nous proposerons assez rapidement à Valérie Pecresse une méthode et un calendrier, faisant la part belle à l’expérimentation et au regard sur les meilleures pratiques de lutte contre la pollution de l’air dans des grandes zones urbaines comparables à la nôtre dans le monde et soumises aux mêmes problématiques de pollutions de l’air. Nous serons un groupe curieux des innovations pour les introduire dans notre région : des changements de motorisations des véhicules, des dispositifs financiers innovants permettant d’aider les usagers à changer de véhicules ou de comportements sans grever les finances publiques, des évolutions dans l’urbanisme à penser dès maintenant pour rapprocher logement et emploi… les idées et solutions existent… il faut les explorer, les adapter, les tester puis les généraliser.

Il y aura enfin les sujets sur lesquels certains d’entre nous s’investiront plus particulièrement et qui concentreront également toute l’attention de l’ensemble des élus du groupe. Nous pensons notamment au portefeuille de notre vice-présidente, à savoir les affaires sociales et la santé.

DEUX GROUPES DE TRAVAIL POUR MENER À BIEN NOTRE RÉFLEXION

Dans la méthode, nous avons d’ores et déjà mis en place deux groupes de travail internes au groupe pour chacun de ces chantiers thématiques, piloté par Yann Wehrling sur les questions de pollutions de l’air et par Marie-Christine Dirringer sur l’apprentissage. Des textes seront produits, par exemple sous la forme de rapport de préconisations à l’attention de l’exécutif de la Région. Une première contribution à la conférence sur l’air a d’ores et déjà été écrite. Nous déclinerons nos réflexions au travers d’auditions, de colloques du groupe, ou de visites de terrain.

Ces quelques priorités définies collectivement nous serviront de guide et complèteront les prises de positions régulières que nous développerons, inspirées par les valeurs qui nous réunissent : valeurs de justice sociale, valeurs de préservation de la planète, valeur de défense des libertés individuelles, et valeurs de libération des énergies entrepreneuriales. Un tout qui forme un fil rouge à suivre pour dégager une plus-value du groupe tant en interne de la majorité qu’en externe auprès des franciliens que nous représentons.